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La réintégration de Rachida Dati dans la magistrature est "inconcevable" pour un collectif d'avocats
L'ex-ministre de la Culture, dont le procès pour corruption s'ouvre mercredi, est aussi soupçonnée de trafic d'influence et de recel d'abus de pouvoirs et de confiance.
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"Quelle image ça donne de la justice ?", interpelle, vendredi 11 septembre sur France Culture, Jérôme Giusti, avocat au barreau de Paris et membre d'un collectif d'avocats qui juge "inconcevable" la demande de réintégration de Rachida Dati dans la magistrature. Le collectif, qui rassemble des avocats de plusieurs barreaux français, a publié mardi dans Libération une tribune intitulée "Rachida Dati réintégrée dans la magistrature : l'Etat de droit exige davantage que la seule légalité statutaire". Son objectif est d'alerter sur cette réintégration, alors que l'ancienne ministre de la Culture doit comparaître pour corruption à partir de mercredi 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris.
Quatre questions sur la demande de Rachida Dati de réintégrer la magistrature, à quelques jours de son procès pour corruption
"Nous nous positionnons sur le terrain des principes. La justice doit être impartiale, de façon effective, mais elle doit aussi donner l'apparence de l'impartialité, explique Jérôme Giusti. L'Etat de droit exige que la justice soit au-dessus de tout soupçon", insiste-t-il. Le collectif rappelle que l'ancienne ministre est "certes présumée innocente, mais quelqu'un qui est poursuivi, excusez-moi du peu, dans huit procédures pour des faits de probité : quelle image cela donne de la Justice", s'interroge Jérôme Giusti. Rachida Dati est soupçonnée de corruption, trafic d'influence et recel d'abus de pouvoirs et de confiance. Elle est accusée d'avoir perçu 900 000 euros d'une filiale de Renault-Nissan pour des prestations considérées comme fictives par l'accusation.
"Je ne vois pas comment Rachida Dati, quel que soit le poste qu'elle occupe, même s'il n'est pas en juridiction, pourrait ne pas donner l'apparence du soupçon", s'indigne l'avocat. "C'est inconcevable et je me demande si ce n'est pas une provocation de Madame Dati", ajoute-t-il, présentant la tribune comme "une alerte". "L'affaire touche la confiance que peuvent avoir les justiciables dans la justice", conclut-il. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) doit examiner la demande de réintégration de Rachida Dati "pas avant fin septembre, début octobre", soit après son procès, prévu du 16 au 28 septembre à Paris.
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