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La NASA abandonne son radar pour Vénus, mais la mission européenne se poursuit
La NASA renonce à fournir le radar prévu pour Envision, la mission européenne de cartographie de Vénus. L’Agence spatiale européenne construit donc un radar de remplacement et reporte le lancement de la sonde à 2032, avant que la fenêtre de tir vers la planète ne se referme en 2033.
Depuis l’orbite de Vénus, la sonde Envision doit cartographier la planète pour comprendre comment ce monde, presque aussi grand que la Terre, est devenu un enfer de plomb sous une atmosphère de dioxyde de carbone. Sélectionnée par l’Agence spatiale européenne (ESA) en 2021, la mission embarque VenSAR.
La NASA s’était engagée à fournir ce radar, capable de repérer des reliefs de dix mètres à la surface de la planète. Cette précision est dix fois supérieure à celle de la sonde américaine Magellan, qui a exploré Vénus dans les années 1990. Une fois assemblée, la sonde doit peser plus de 2,6 tonnes et freiner grâce à l’atmosphère de Vénus à son arrivée, une technique d’aérofreinage déjà testée avec succès par la sonde européenne Venus Express dans les années 2000.
Or, comme nous le rapporte Ars Technica, la NASA vient de prévenir l’ESA qu’elle ne pourra probablement pas tenir son engagement sur VenSAR, faute de budget.
Le Jet Propulsion Laboratory développe VenSAR pour la NASA. L’administration Trump avait prévu début 2026, une coupe d’environ 25 % du budget total de la NASA, mais le Congrès a finalement adopté un autre budget et restauré une partie de ces crédits. Malgré ce sauvetage budgétaire, la division des sciences planétaires de l’agence n’a disposé que de 2,18 milliards d’euros pour l’année 2026, soit environ 172 millions d'euros de moins que l'année précédente. Selon Space.com, le Jet Propulsion Laboratory a par ailleurs supprimé 550 postes en octobre 2025, dans le prolongement d’une restructuration engagée l’été précédent.
La NASA mène en parallèle deux autres sondes vers Vénus, Davinci et Veritas. Davinci doit plonger dans l’atmosphère de la planète en 2033, avec un budget de 85 millions d'euros pour la seule année 2026. Veritas accumule les retards depuis plusieurs années, bien que ses équipes poursuivent des campagnes de terrain en Islande pour préparer l’analyse des futures données radar. « Tout ne peut pas continuer d'avancer, ou continuer d'avancer de la même manière », a déclaré Louise Prockter, directrice de la division des sciences planétaires de la NASA, lors d'une conférence en mars 2026. « Ça va être un défi de mener à bien les trois missions consacrées à Vénus », a-t-elle ajouté.
L’ESA a engagé la construction d’Envision dès 2025, avant que la NASA ne confirme officiellement sa décision sur VenSAR. Sans garantie que ce financement soit rétabli, l’agence a ensuite lancé, en juin dernier, un appel d’offres pour EuroSAR. Ce radar doit utiliser la bande S, la même gamme de fréquences radar qu’avait employée la sonde Magellan pour cartographier Vénus dans les années 1990.
EuroSAR doit aussi égaler les performances scientifiques de VenSAR, tout en restant compatible avec la structure d'Envision déjà construite. Cette première phase de conception doit durer entre six et neuf mois. « C'est pourquoi nous avançons à plein régime avec la solution européenne », a déclaré Anne Grete Straume-Lindner, responsable scientifique de la mission Envision à l’ESA. « Nous sommes en contact constant avec la NASA au sujet d'Envision », a également déclaré Carole Mundell, directrice des sciences de l’ESA.
Un porte-parole de la NASA a seulement indiqué que les discussions avec l'ESA sur Envision se poursuivaient. Selon Supercluster, une vingtaine d’autres missions menées conjointement par la NASA et l'ESA manquent aussi de financement. Pour fabriquer ce nouveau radar, l’Agence spatiale européenne a reporté d’un an le lancement de la sonde, désormais prévu en 2032. Passé 2033, un nouvel alignement des planètes ne se présenterait qu’en 2036. Le trajet vers Vénus dure quinze mois.