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Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre, "le risque terroriste existe toujours", assure un ancien instructeur du RAID
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Bruno Pomart, ancien instructeur du RAID, président du groupe de réflexion "Initiative Sécurité Intérieure", est l'invité actu de franceinfo, vendredi 11 septembre, vingt-cinq ans après les attentats aux États-Unis.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité._________________________________________________________________________________
France Télévisions : Vingt-cinq ans après les attentats du 11 Septembre 2001, que reste-t-il de la menace terroriste, de la menace djihadiste ? Est-elle plus faible ? A-t-elle changé de visage ? Les deux principaux leaders d'Al-Qaïda, avaient été tués respectivement en 2011 et 2022. L'organisation djihadiste est-elle aujourd'hui moins menaçante qu'elle l'a été dans le passé ?
Bruno Pomart : Elle est toujours prégnante. Je crois que Laurent Nuñez le dit quasiment tous les mois. Le risque terroriste existe toujours. On est rentrés, à partir de 2001, dans l'ère du terrorisme occidental et on voit bien ce qui s'est passé tout au long de ces 25 ans. Donc, effectivement, le risque est toujours prégnant. Pourquoi ? Parce que, d'abord, la France est engagée dans beaucoup d'opérations. On le sait encore, même si on a quitté Barkhane et l'Afrique. Les risques terroristes en France sont, encore une fois, prégnants. Et je crois que les services, que ce soit la DGSI, que ce soit en extérieur avec la DGSE et autres, tous ces services sont mobilisés, évidemment, pour lutter, parce que l'essentiel, pour lutter contre le terrorisme, c'est le renseignement.
En France, trois personnes ont été mises en examen début septembre, en Indre-et-Loire pour l'une et en Essonne pour les deux autres, pour association de malfaiteurs terroristes et criminels, accusées de préparer un projet d'attentat contre la communauté juive et des velléités de rejoindre l'État islamique au Sahel. Ce n'est plus Al-Qaïda, qui est la menace numéro un aujourd'hui ?
Oui, ce sont des filiales, les proxys, comme on dit aussi, on a eu Al-Qaïda, on a Daech, qui est une séparation de la mouvance Al-Qaïda sur de l'idéologie. Le résultat est le même, c'est du terrorisme. Ce qui est compliqué à gérer maintenant, c'est ce terrorisme low-cost. C'est-à-dire qu'on a eu, du temps de Ben Laden et de Daech, une espèce de structuration du terrorisme international et ça permettait aux services de renseignement de travailler. Alors ça n'a pas empêché les Twin Towers, évidemment. Mais c'était beaucoup plus, je dirais, presque simple pour les services de renseignement que ce qu'on connaît maintenant. Dans les dernières années, à partir de 2012, les attentats qu'on a connus en France, 2012-2015, terrible pour notre pays, ça a permis à nos services de renseignement, la DGSI en particulier, qui a été très renforcée, de pouvoir mieux travailler dans le renseignement, parce que le renseignement est essentiel. Les groupes d'intervention – j'ai été moi pendant 15 ans dans cette unité qui est le RAID – c'est bien, on en a besoin. Mais si en amont, on n'a pas du service de renseignement hyper profilé, et bien effectivement, il y a parfois des trous dans la raquette. Et d'ailleurs, on l'a vu avec Merah, on l'a vu avec l'Hyper Cacher.
La menace est de nature endogène aujourd'hui, surtout des citoyens, des résidents de pays occidentaux qui passent à l'acte suivant l'appel d'une organisation terroriste.
Oui, parce qu'encore une fois, les groupes terroristes Daech, les résidus de tout ce qui reste en matière de terrorisme, se sont adaptés. Il y a les réseaux sociaux. Plutôt que d'organiser des équipes qui passent par la Belgique, comme on l'a vu, les attentats en France... Là, on a affaire à des éléments seuls. Alors, on a dit low-cost, ce n'est pas tout à fait low-cost parce qu'ils ont toujours une petite structure derrière eux pour les soutenir. Pour les services de renseignement, quand on sait qu'