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L’Europe veut enfin son « Dragon » : un contrat record de 760 millions pour une jeune entreprise cofondée par une Française
Rencontrés lors du Salon du Bourget, deux représentants de The Exploration Company, Benjamin Kawak, responsable des affaires institutionnelles, et Pierre Faucoup, directeur général Espace et Défense, nous expliquent le vol de démonstration de la capsule Nyx Earth prévu ces prochains jours. Cette capsule de transport réutilisable est développée dans le cadre d'un contrat avec l'Agence spatiale européenne.... Lire la suite
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L'Agence spatiale européenne a signé, lors du Sommet de l'espace à Paris, son plus important contrat de transport spatial avec une entreprise franco-allemande. La capsule Nyx de The Exploration Company, en cours de développement, doit désormais s'amarrer à l'ISS d'ici 2029, dans un pari technologique et industriel qui vise à offrir à l'Europe son propre accès autonome à l'orbite basse, après l'ATV et avant que la station ne tire sa révérence en janvier 2031.
L'Agence spatiale européenne (ESA) a profité du Sommet de l'espace, qui s'est déroulé les 9 et 10 septembre à Paris, pour officialiser un contrat majeur avec The Exploration Company (TEC). D'un montant pouvant atteindre 760 millions d'euros, il s'agit du plus important contrat de service de transport spatial jamais signé par l'ESA avec une entreprise européenne.
L'accord porte sur une mission de démonstration de la capsule Nyx, qui sera lancée à bord d'une fusée Ariane 6 et devrait s'amarrer à la Station spatiale internationale (ISS) au plus tard au deuxième trimestre 2029, vraisemblablement la dernière fenêtre disponible pour l'ESA avant le retrait prévu de la station en janvier 2031. Le contrat inclut également deux missions de ravitaillement supplémentaires, à titre optionnel.
On peut juger que ce contrat de service de transport spatial est le plus important jamais signé par l'ESA avec une entreprise européenne, ouvrant la voie à un accès indépendant, en matière de transport de fret, à l'ISS ou à de futures stations commerciales en orbite basse.
Vue d'artiste de la capsule Nyx conçue pour des allers-retours en orbite basse. © The Exploration Company
Le programme Aladdin (Autonomous LEO Accelerated Demo Docking to ISS Node), dans lequel s'inscrit ce contrat, vise à doter l'Europe d'un service de fret vers et depuis les stations en orbite basse.
Ce n'est pas la première fois que l'Europe se dote d'un accès indépendant à l'espace pour le fret. Entre 2008 et 2014, l'ESA a exploité un véhicule cargo entièrement autonome : l'ATV (Automated Transfer Vehicle), lancé cinq fois par Ariane 5 depuis Kourou. Chaque exemplaire pouvait transporter jusqu'à 7 667 kilos vers l'ISS, répartis entre un module pressurisé pour le matériel, les expériences scientifiques et la nourriture, et un module non pressurisé contenant carburant, eau et air. L'ATV servait aussi à rehausser l'orbite de l'ISS.
Cette logique n'a rien d'inédit : elle reproduit le schéma qui a permis l'émergence des capsules américaines Dragon et Cygnus via le programme COTS de la Nasa. L'ESA endosse ainsi un rôle de « client de référence » plutôt que de simple financeur de R&D, une bascule stratégique pour l'agence européenne, potentiellement porteuse de nombreuses promesses pour l'avenir.