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Actualité : Canicule : à partir de quelle température votre ventilateur devient-il contre-productif ?
Alors qu'une vague de chaleur traverse la France, le ventilateur reste l'arme de choix de nombreux foyers pour tenter de se rafraîchir à moindre coût. Pourtant, contrairement aux idées reçues, cet appareil n'est pas un climatiseur et peut, sous certaines conditions, produire l'effet inverse et accélérer le coup de chaud. Le point sur les limites physiques d'un allié qui vous veut parfois du mal.
© Shutterstock / Alliance Images - Ventilateur inefficace
Contrairement à un système de climatisation, un ventilateur ne baisse pas la température de l'air d'une pièce, il se contente de le déplacer. En temps normal, ce flux d'air accélère le transfert thermique. Tant que l'air ambiant est plus frais que la température de notre peau, qui se situe généralement entre 35 °C et 37 °C à l'ombre, le ventilateur nous aide à évacuer la chaleur corporelle.
Le problème survient lorsque le thermomètre de la pièce dépasse ces valeurs. À ce moment-là, l'appareil se transforme en un véritable système de chaleur tournante, projetant un air plus chaud que votre propre corps et accélérant potentiellement votre réchauffement.
Il n'existe pas de consensus absolu sur la température exacte à laquelle il faut couper son appareil, car les institutions se basent sur des critères différents. Le gouvernement britannique fixe par exemple le seuil d'alerte à 35 °C, estimant qu'au-delà, le ventilateur ne prévient plus les risques de complications médicales. De son côté, l'Organisation mondiale de la Santé place le point de bascule à 40 °C. En réalité, l'efficacité de l'appareil dépend principalement de deux critères extérieurs majeurs que sont l'humidité de l'air et l'âge de l'utilisateur.
C'est le mécanisme de sudation qui nous sauve de la surchauffe. En s'évaporant, la sueur absorbs et évacue la chaleur du corps, et le ventilateur est censé accélérer cette évaporation. Cependant, par temps très sec, avec par exemple 15 % d'humidité et 45 °C, la sueur s'évapore déjà instantanément. Activer le ventilateur n'apporte alors aucun gain d'évaporation et se résume à souffler de l'air brûlant sur la peau, ce qui aggrave la situation.
À l'inverse, par temps lourd et humide, le corps ruisselle car l'air saturé bloque l'évaporation naturelle. Dans ce cas précis, le ventilateur redevient utile et peut rafraîchir jusqu'à 38 °C avec un taux d'humidité de 60 % en aidant la sueur à s'envoler. Au-delà de ces extrêmes, le système abdique.
L'autre paramètre clé reste l'âge de la personne devant le ventilateur. En vieillissant, les mécanismes de thermorégulation du corps humain se modifient. Les personnes âgées commencent à transpirer plus tardivement et en moins grande quantité. Sans cette humidité naturelle sur la peau, le flux d'air perd son effet rafraîchissant bien plus tôt. Le seuil d'efficacité du ventilateur est donc beaucoup plus bas pour les seniors.
Pour compenser ce phénomène ou pour faire face à un air trop sec, il est possible de tricher en vaporisant de l'eau sur sa peau ou en mouillant ses vêtements face au flux d'air afin de recréer artificiellement ce processus d'évaporation.
Lorsque le logement accumule trop de chaleur et dépasse les seuils critiques de 35 °C à 38 °C selon l'humidité, le ventilateur devient inutile, voire dangereux, même en s'aspergeant d'eau. Les spécialistes rappellent que la situation devient alors critique pour l'organisme. Dans ce cas de figure, la seule solution viable consiste à éteindre l'appareil et à quitter temporairement son domicile pour trouver un refuge frais et climatisé, comme un cinéma, une bibliothèque ou un centre commercial.