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Actualité : 5,2 milliards d'euros, 3 000 emplois : la France produira la batterie solide des voitures électriques européennes
C’est à Dunkerque dans le nord de la France que ProLogium pose ses valises. Le groupe taïwanais produira des batteries solides pour les voitures électriques européennes dans cette usine. C’est en 2028 que les premières cellules de quatrième génération sortiront de ce site français. On parle de 5,2 milliards d’euros d'investissement et d'environ 3 000 emplois directs créés à terme.
Nous parlons depuis 2023 de ce projet de ProLogium et ça y est, le chantier a été lancé en février dernier sur la zone industrielle du Grand Port maritime de Dunkerque. L’usine occupera plusieurs dizaines d’hectares et en 2028 une première capacité de 0,8 GWh est prévue. En 2030, la capacité atteindra 4 GWh puis en 2032 ProLogium vise 12 GWh. Le site a été pensé pour aller beaucoup plus loin si la demande suit avec une capacité maximale annoncée autour de 44 GWh.
Cette usine française sort de terre au moment où la technologie de ProLogium avance à grands pas. Ce mois-ci, l’entreprise taïwanaise a annoncé la production en série de sa cellule solide Gen 3.5. Il s’agit d’une cellule de 185,4 Ah qui atteint 381 Wh/kg et 903 Wh/l, le tout vérifié par TÜV. C’est beaucoup plus que les cellules lithium-ion habituelles que l’on trouve dans de nombreuses voitures électriques et qui se situent entre 250 et 300 Wh/kg.
Et puis il y a aussi le principe qui est totalement différent. Une batterie lithium-ion utilise un électrolyte liquide pour faire circuler les ions entre les électrodes. ProLogium remplace ce liquide par un électrolyte solide à base de céramique. Le but est d’augmenter la quantité d’énergie stockée dans un même volume et donc de réduire le risque d’inflammation. La batterie ne sera pas forcément plus grosse pour un gain d’autonomie.
Mais ProLogium n’oublie pas non plus la recharge rapide. L’entreprise taïwanaise annonce que sa batterie est capable de passer de 5 à 80% en moins de 10 minutes pour cette génération. La société promet aussi une meilleure résistance au froid et une sécurité améliorée.
Mais notons que ce n’est pas la cellule Gen 3.5 qui sortira de l’usine française de Dunkerque. Ce site produira la Gen 4 qui est pensée pour la production automobile à grande échelle. Le projet a pris un peu de retard puisque, comme expliqué dans nos colonnes, c’est en 2023 que ProLogium parlait d’une production plus rapide.
Et en 2025, la société a repoussé le démarrage pour que son usine de Dunkerque soit dédiée à la Gen 4. Puis, comme nous le disions aussi plus haut, c'est en février 2026 que le chantier a enfin débuté.
La France soutient le projet avec 1,4 milliard d’euros d’aide publique accordée à ProLogium pour accompagner l’investissement de 5,2 milliards d’euros. Le site profitera aussi de sa proximité avec la centrale nucléaire de Gravelines et du raccordement électrique pris en charge par RTE.
La filière des batteries est déjà très présente dans les Hauts-de-France et pour Dunkerque, c’est aussi une nouvelle aubaine en termes d’emplois directs avec 3 000 annoncés. Le port de Dunkerque offre aussi un accès maritime, ferroviaire et routier pour que les composants entrent plus vite mais aussi pour expédier rapidement les cellules à travers l’Europe.
ProLogium veut donc produire au plus près de ses futurs clients au lieu d’expédier ses cellules depuis l’autre bout du monde. Notons toutefois que pour le moment il n’y a aucune voiture électrique produite en série qui a été annoncée pour embarquer cette batterie solide. ProLogium doit encore clarifier certains points comme les performances techniques, le prix des batteries et les contrats avec les constructeurs automobiles.