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Reportage chez Shokz en Chine : comment ses écouteurs à conduction osseuse ont conquis 20 millions de sportifs dans le monde
Comment savoir si un produit tech a vraiment conquis les sportifs ? Ce n’est ni en épluchant sa fiche technique, ni en comptant ses récompenses au CES. Il suffit d’observer le sas de départ d’une course. Prenez le dernier Marathon de Paris et ses quelque 60 000 dossards, le 12 avril 2026.
Au milieu des chaussures carbone, des montres GPS, des ceintures d’hydratation et des AirPods, une drôle de paire d’écouteurs se démultiplie sur les tempes des coureurs. Des arceaux qui laissent les oreilles à l’air libre, avec quasiment toujours le même logo, celui de Shokz.
Il faut dire que chaque runner vit avec une contradiction. Il veut sa musique, son podcast, voire les indications de course de sa montre. Tout en continuant d’entendre les encouragements, de papoter avec ses compagnons de sortie ou simplement de profiter de la nature pour les adeptes de trail.
Pour aller plus loin
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En compétitions officielles, c’est un peu différent. La Fédération française d’athlétisme a longtemps encadré strictement l’écoute de musique. Sa réglementation actuelle la tolère sous la seule responsabilité de chacun. Et c’est précisément dans cette faille, entre l’envie d’écouter et le besoin d’entendre, que Shokz s’est engouffrée il y a quinze ans. Avec une idée que personne ne connaissait. Écouter de la musique grâce à la conduction osseuse.
Pour comprendre comment la marque a infiltré le monde du sport, nous avons parcouru 9 000 kilomètres vers l’est. Direction le sud de la Chine, à Shenzhen, cette Silicon Valley chinoise de 17 millions d’habitants collée à Hong Kong, où siègent notamment Huawei, Tencent, DJI ou encore BYD.
C’est là, au siège de la firme, sous une pluie et une chaleur typiques de la région cantonaise, que Ken Chen nous reçoit avec une poignée de journalistes venus d’Europe et d’Asie. Le récit que déroule cet homme, brièvement passé par la finance new-yorkaise, détonne avec les habitudes du secteur. Pas de veste en cuir à la Jensen Huang, ni de grand discours conquérant. Plutôt une image, qui reviendra plusieurs fois dans sa bouche. Celle d’un « tueur de dragons » face aux géants de l’audio déjà bien installés.
Avant de se lancer dans cette odyssée, l’entreprise se résumait d’ailleurs à une simple usine. Fondée en 2004 sous le nom de Voxtech, la société fabrique alors pour d’autres des oreillettes de talkie-walkie, celles que l’on voit vissées à l’oreille des agents de sécurité.
Aux commandes, trois ingénieurs en mécanique et camarades de promotion, dont Ken Chen. Au début des années 2000, Voxtech n’est qu’un sous-traitant parmi tant d’autres à Shenzhen, ville-usine où le monde entier commence alors à faire assembler ses objets tech.
Le déclic survient le jour où notre hôte essaie pour la première fois dans une boutique un dispositif à conduction osseuse. « Trente secondes magiques », comme il le résume laconiquement.