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Actualité : Plus de 50 °C dans certaines régions, dix fois plus de canicules : voici le monde dont nos enfants hériteront
La canicule frappe l'Hexagone et Météo-France a publié les projections du climat dont hériteront nos enfants et petits-enfants. Et ça n'a rien de rassurant pour notre descendante qui subira l'inaction climatique des gouvernements, pourtant alerté par les experts depuis des décennies.
À l'horizon 2100, le réchauffement climatique porterait la température moyenne du pays à 14,2 °C, contre 10,9 °C il y une quarantaine d'années. Le rapport décrit une France étouffante, dans toutes les régions. Cette trajectoire sert déjà de base à l'adaptation décidée par l'État, la TRACC.
La TRACC du scénario retenu par les pouvoirs publics, fondé sur un réchauffement mondial de 3 °C et de 4 °C sur la France en fin de siècle. Il faut dire que l'Hexagone se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale, comme tout le continent européen.
Ce référentiel s'appuie sur dix-sept simulations climatiques et un large consensus scientifique. En janvier 2026, un décret en a fait la base officielle de l'adaptation du pays. Le pays a déjà gagné 1,9 °C depuis l'ère préindustrielle.
Dans cette France à 4 °C, le quotidien change d'échelle.
Paris afficherait 15 °C de moyenne, soit le climat actuel de Montpellier. La moitié sud dépasserait 18 °C, soit l'Andalousie d'aujourd'hui. En clair, chaque ville glisserait de plusieurs centaines de kilomètres vers le sud. On parle de dix fois plus de jours de vague de chaleur qu'au siècle dernier. De la mi-mai à la fin septembre, la saison des fortes chaleurs s'étirerait.
À l'horizon 2050, ces vagues seraient déjà cinq fois plus fréquentes. Le seuil de 40 °C serait franchi chaque année, avec des pointes proches de 50 °C par endroits. Le pays compterait 8 jours au-dessus de 35 °C en moyenne, et 30 à 40 dans le Sud.
Dans les années 1990, le pays comptait deux nuits chaudes par an. À l'horizon 2100, il en connaîtrait près de 24, et jusqu'à 120 sur le littoral méditerranéen. Les pluies d'été reculent d'environ 20 % dans presque toutes les régions. Résultat, les sols s'assèchent et la ressource en eau se réduit, pendant que l'évaporation grimpe de 20 %. Les pluies intenses gagnent aussi en force, surtout sur la moitié nord, et nourrissent le risque d'inondation.
Le risque d'incendie ne reste plus cantonné au pourtour méditerranéen. Et pour cause, la chaleur et la sécheresse gagnent des régions jusque-là préservées. La vallée de la Loire pourrait connaître le niveau de risque actuel du Sud.
Le quart sud-est et les Alpes se réchaufferaient le plus, le nord-ouest un peu moins. La saison des feux s'allongerait d'un à deux mois. Mais ce n'est pas tout, la mer monterait de 45 à 90 centimètres sur les côtes de l'Hexagone, ce qui menace les zones basses du littoral.
Ces projections ne décrivent pas le pire scénario possible. Elles correspondent au prolongement des politiques actuelles, pas à une dérive extrême. Le troisième plan national d'adaptation s'appuie sur cette trajectoire pour préparer le pays. La canicule en cours donne déjà un avant-goût de ces étés à venir. Le climat que connaîtront nos enfants se décide donc maintenant, dans les choix d'aujourd'hui.