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Accusés d’avoir organisé la pénurie de RAM, Samsung et SK Hynix annoncent 590 milliards pour doubler la production
La RAM fait grimacer au moment de monter une machine ou de changer de smartphone. Pendant que nos paniers gonflent, les trois fabricants qui se partagent le marché viennent de vivre une drôle de semaine. D’abord un procès aux États-Unis, ensuite une annonce d’investissement qui ressemble à une réponse du berger à la bergère.
Pour aller plus loin
Prix de la RAM qui s’envolent : Samsung, SK Hynix et Micron accusés d’avoir organisé la pénurie
Reprenons. Le 25 juin, dix-sept plaignants américains, des particuliers et de petits revendeurs, ont attaqué Samsung, SK Hynix et Micron devant un tribunal fédéral de Californie. Ils accusent le trio, qui pèse près de 90 % de la DRAM mondiale, d’avoir réduit l’offre de mémoire classique de façon coordonnée pour faire flamber les tarifs. Selon la plainte, les prix auraient grimpé d’environ 700 % en quatre ans, un chiffre à manier avec prudence tant qu’aucun juge ne l’a validé.
Petite mise en perspective utile : ce n’est pas la première fois que le secteur est rattrapé par la justice américaine. En 2005, Samsung et SK Hynix avaient déjà plaidé coupables d’entente sur les prix de la DRAM au début des années 2000, écopant respectivement de 300 et 185 millions de dollars d’amende, avec des peines de prison pour plusieurs cadres. Micron, lui, avait échappé aux sanctions en coopérant avec l’enquête.
Quatre jours plus tard, le 29 juin, Samsung, SK Hynix et le gouvernement coréen ont dévoilé un plan d’environ 590 milliards de dollars. Au programme : quatre nouvelles usines et un doublement de la capacité DRAM du pays en cinq ans, selon Séoul.
Pour aller plus loin
1 Go de RAM coûte aussi cher qu’en 2010
L’enchaînement est intéressant. On reproche aux fabricants d’avoir volontairement serré l’offre, ils répliquent par la plus grosse rallonge d’usines de leur histoire, histoire de prouver qu’ils produisent à plein régime. Sauf que le calendrier dégonfle l’effet d’annonce.
Les nouvelles usines ne sont avancées qu’au milieu des années 2030, et une part de cette capacité ira vers la HBM, cette mémoire empilée bien plus chère qui alimente les puces d’IA de Nvidia.
Depuis 2022, environ un quart de la capacité de production aurait déjà basculé vers la HBM, et chaque puce HBM avale deux fois plus de surface de silicium qu’une barrette DDR classique. Doubler la capacité sur le papier ne veut donc pas dire doubler le nombre de barrettes destinées à nos PC.
Pour qui veut s’équiper maintenant, le message est rude. Jefferies, la banque d’affaires qui suit le secteur, prévoit encore 40 à 50 % de hausse au troisième trimestre, puis 30 à 40 % au quatrième, sans détente avant 2028. Que vous montiez un PC, ajoutiez de la mémoire ou lorgniez un smartphone milieu de gamme, la facture grimpe maintenant, pas dans dix ans.