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Actualité : Mission Swift Boost à haut risque pour sauver ce télescope de la Nasa avant qu'il tombe sur Terre
Lancé en 2004, le télescope spatial Swift chute rapidement vers la Terre, victime d'une activité solaire exceptionnellement intense. Pour éviter sa désintégration, la NASA s'associe à la start-up Katalyst Space Technologies pour lancer, dès cette fin juin 2026, une mission de sauvetage robotique audacieuse et risquée, mais aussi prometteuse.
© Katalyst - L'avion Stargazer est chargé de larguer la fusée qui contient le robot sauveteur.
C'est une véritable course contre la montre qui s'est engagée à 360 km au-dessus de nos têtes. Le télescope Swift, observatoire spatial des explosions les plus énergétiques de l'Univers, n'a plus de carburant ni de système de propulsion pour corriger sa trajectoire. Dépourvu de moteurs, il subit de plein fouet les caprices de la météo spatiale.
Le maximum solaire de 2024, particulièrement violent, a dilaté les couches supérieures de l'atmosphère terrestre, augmentant considérablement la traînée aérodynamique subie par le satellite de 1,4 t. Résultat : Swift tombe, et sans intervention, sa rentrée atmosphérique destructive est scellée pour cet automne.
Pour la NASA, abandonner cet outil scientifique est impensable. “Si nous laissons Swift pénétrer dans l'atmosphère, nous perdrons des capacités uniques et nous n'avons pas le budget pour construire un remplaçant”, alerte Nicky Fox, directrice des missions scientifiques de l'agence. En février dernier, les ingénieurs ont donc pris la décision radicale de suspendre les observations et d'orienter le télescope de manière à minimiser la friction de l'air, gagnant ainsi de précieuses semaines.
Le Stargazer larguera la fusée Pegasus XL qui contient LINK, le robot sauveteur.
Les ingénieurs de Katalyst Space dévoilent LINK au centre spatial Goddard de la NASA, le 14 avril 2026.
Si cette mission réussit, elle tiendra du pur miracle industriel et logistique. Habituellement, concevoir, tester et valider une mission spatiale de rendez-vous orbital prend entre cinq et dix ans, pour des budgets qui dépassent allègrement la centaine de millions de dollars. Ici, la NASA et son partenaire ont dû réagir dans l'urgence absolue : la mission a été mise sur pied en seulement quelques mois.
Pour réussir ce tour de force sans faire exploser les coûts, la start-up étasunienne Katalyst Space Technologies s'appuie sur une approche radicalement low-cost. Pour un montant estimé à seulement 30 millions de dollars — une somme modeste dans l’industrie spatiale —, l'entreprise a assemblé LINK, un petit remorqueur de 400 kg équipé de trois bras robotiques. Le décollage est imminent depuis l'atoll de Kwajalein dans les îles Marshall. Pour atteindre l'orbite très inclinée de Swift à moindre coût, la mission utilise un vecteur original : la fusée Pegasus XL de Northrop Grumman, larguée en plein vol depuis un avion porteur L-1011 Stargazer.
Une fois positionné, le robot LINK entamera une course-poursuite d'un mois avant de tenter d'agripper Swift. La manœuvre s'annonce particulièrement délicate : l'observatoire spatial n'a jamais été conçu pour être capturé ni réparé en orbite. Si l'amarrage réussit, LINK allumera ses propres propulseurs pour entamer une lente remontée de deux mois, visant à hisser le télescope de son altitude critique actuelle jusqu'à une orbite stable de 600 km. Le succès repose sur un timing serré, car si Swift descend sous la barre des 300 km avant la fin des opérations, la densité de l'atmosphère rendra tout remorquage impossible.