// FRANDROID — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
Thélyson Orélien accusé d’avoir utilisé l’IA : comment fonctionnent les détecteurs comme Pangram, Lucide ou GPTZero
Collez un de vos vieux e-mails dans un détecteur d’IA, faites l’exercice pour voir. Il existe une probabilité, faible mais bien réelle, que la machine vous prenne pour un robot.
Thélyson Orélien vient de vivre la version grandeur nature de cette expérience, le jour même où il recevait le prix du Roman Fnac pour « C’était ça ou mourir », premier roman vendu à plus de 35 000 exemplaires et présent dans les sélections du Goncourt, du Renaudot, du Femina et du Médicis.
Un compte X de 92 abonnés, « Balance ton Claude », a publié ce lundi 21 septembre au soir des captures du détecteur Pangram : les extraits testés affichent « 100 % IA ». Grasset dénonce une « campagne de haine », et l’auteur dit constituer un dossier avec ses éditeurs pour prouver qu’il a écrit son livre à la main.
Pour l’instant, aucun jury n’a écarté le roman de ses sélections. Interrogée par France Inter, la présidente du prix Femina, l’écrivaine Brigitte Giraud, juge le livre « remarquable » et refuse de se prononcer « tant que la preuve n’est pas rigoureusement établie » qu’il aurait été écrit avec l’aide d’une IA.
Commençons par celui où tout a démarré. Pangram est une startup de Brooklyn fondée en 2023, elle compte environ 24 salariés, ils ont levé 13 millions de dollars dont 9 cet été auprès de Menlo Ventures.
Son détecteur s’appelle un classificateur : il a été entraîné sur des millions de textes humains et générés, il repère des régularités statistiques dans le choix des mots et le rythme des phrases.
Sa dernière version revendique 0,0041 % de faux positifs, soit une erreur tous les 24 000 documents, un chiffre mesuré sur ses propres benchmarks.
France Inter a fait tourner des extraits du roman dans l’outil, qui les attribue à l’IA entre 95 et 100 %. L’AFP a soumis les mêmes passages à sept autres détecteurs : un conclut à 100 % d’IA, deux à l’inverse, les quatre derniers hésitent selon les extraits.
Le secteur compte des dizaines d’acteurs, GPTZero en tête, le plus connu avec ses 17 millions d’utilisateurs revendiqués, mais une étude indépendante publiée en 2026 place Pangram devant lui, devant Turnitin et devant Copyleaks sur les textes générés, hybrides ou « humanisés ».
Ces détecteurs ne lisent pas réellement un texte, ils le compare. On leur a montré des millions de textes humains et des millions de textes générés, et ils ont appris les tics de chaque camp : comme des mots trop prévisibles, un rythme trop régulier, des tournures que les modèles adorent, comme le fameux « ce n’est pas X, c’est Y ».