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Bientôt facturé au token par Anthropic, Amazon voit sa facture IA s'envoler
Amazon a financé Anthropic à coups de milliards et héberge ses modèles. La récompense ? Une note qui s'annonce salée, calculée au jeton dès l'an prochain, et qui pousse déjà le géant à chercher un plan B.
Selon The Information, le contrat qui lie Amazon à Anthropic a été renégocié plus tôt cette année. Il prévoit désormais une facturation au token, ces fragments de texte qui servent d'unité de mesure à la consommation des modèles d'IA, une bascule qui pourrait alourdir nettement l'addition d'Amazon, même si le groupe dément pour sa part tout surcoût.
La nouvelle grille tarifaire n'entrera en vigueur que l'an prochain, mais sa seule perspective inquiète déjà Seattle. Amazon a en effet bâti une partie de ses outils internes sur les modèles d'Anthropic. Son agent de programmation Kiro, son assistant professionnel Quick et même Alexa for Shopping, la déclinaison courses de son assistant vocal, reposent tous sur Claude. Chaque requête de ces services se traduira bientôt par une ligne sur la facture, et le compteur tourne vite quand des millions d'utilisateurs sollicitent l'IA à longueur de journée. Il y a quelques mois encore, Amazon affichait en interne un classement encourageant ses employés à consommer le plus de tokens possible. Le voilà aujourd'hui à scruter chaque jeton dépensé.
Face à cette menace d'« IAflation », le géant explore d'autres pistes, et elles mènent tout droit chez le grand rival d'Anthropic, OpenAI. Amazon s'est engagé en début d'année à verser 50 milliards de dollars à l'entreprise de Sam Altman, lui ouvrant son infrastructure en échange d'un accès à ses modèles. Le rapprochement ressemble de plus en plus à une porte de sortie, alors que la relation avec Anthropic s'est nettement refroidie. Après avoir promis jusqu'à 25 milliards de dollars de financement supplémentaire à sa protégée, Amazon a vu cette dernière prendre du galon et signer un accord cloud massif avec Google. La start-up a depuis atteint une taille qui attire tous les regards, y compris les moins bienveillants.
Le modèle d'Amazon ne consiste pas seulement à investir dans Anthropic, mais à financer les laboratoires d'IA dont il héberge ensuite les modèles sur AWS, quitte à les concurrencer avec ses propres outils. Cette mécanique du triple jeu, financer, héberger puis concurrencer, Clubic l'a décortiquée. En France, Bouygues utilise déjà Claude via Amazon Bedrock pour analyser des contrats chez sa filiale Equans.
Du côté de la start-up, difficile de ne pas y voir des mesures de représailles après l'actualité récente autour de Mythos. Le modèle phare d'Anthropic fait l'objet d'un blocage à l'exportation par l'administration Trump depuis quelques semaines. Le président d'Amazon, Andy Jassy, serait à l'origine de ces mesures draconiennes puisqu'il aurait alerté des hauts responsables (dont le secrétaire au Trésor Scott Bessent, déjà chauffé à blanc après l'annonce initiale de Mythos) après que des chercheurs aient réussi à circonvenir les gardes-fous du modèle, censés prévenir son utilisation pour mener des cyberattaques. Amazon n'a ni confirmé, ni infirmé les rumeurs, une nuance qu'Anthropic n'a probablement pas noté pour faire passer son actionnaire à la caisse.