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"Il faut aller vite" : après les incendies ravageurs de l'été 2026, comment l'ONF tente de récupérer le bois brûlé et de reconstruire les forêts ?
Pendant l'été 2026, près de 100 000 hectares de forêt ont brûlé en France métropolitaine. Un record. L'Office national des forêts œuvre à la récupération du bois brûlé et à la régénération de la flore
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Quelque 98 000 hectares de bois ont brûlé en France pendant l'été 2026, selon le bilan de l'Office national des forêts, l'ONF, divulgué jeudi 24 septembre. Du jamais vu depuis 1976. Dans toute la France métropolitaine, 21 000 départs de feux ont été recensés, soit cinq fois plus que la moyenne établie chaque année depuis 20 ans. Et ce n'est pas fini, puisque l'été s'étire. Cinq départements sont encore en niveau de vigilance orange, risque élevé de feux de forêt vendredi 25 septembre : l'Aude, L'Hérault, l'Aveyron, le Gard et l'Ardèche.
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Cette carte, Météo France la réalise chaque été depuis 2023. Elle prend en compte plusieurs données pour établir ce risque comme l'humidité des massifs forestiers, la force du vent et la chaleur. La forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne au sud de Paris, fait partie des massifs forestiers touchés par les feux de l'été. Quelque 2 000 hectares ont brûlé. Si 80% de la forêt a rouvert au public, elles est surveillée de près par les agents de l'ONF.
Sophie David, de l'Office national des forêts, nous conduit dans la zone toujours interdite au public. "On a commencé à sentir une odeur de brûlé un petit peu par endroits. Donc là, on rentre dans la zone incendiée", dit-elle en s'avançant. À perte de vue, se tiennent des arbres calcinés. C'est là que les forestiers ont entamé un immense chantier. Des abatteuses coupent un à un les arbres morts qui menacent de tomber. "L'abatteuse a un bras qui peut s'étendre jusqu'à neuf mètres. Elle est équipée d'une sorte de scie, comme une tronçonneuse. Elle va venir couper les arbres à la dimension qu'on souhaite directement", explique-t-elle.
Il faut nettoyer les 2 000 hectares ravagés par l'incendie. Cela représente des dizaines de milliers de mètres cubes de bois à récolter? Ce bois a toujours de la valeur. Les arbres, même s'ils n'ont pas survécu, ont souvent brûlé uniquement en surface. C'est un travail titanesque avant que le bois ne pourrisse, mais c'est aussi une course contre la montre contre les insectes ravageurs. Ils risquent de pulluler dans ces milliers d'arbres morts. "On en a un exemple juste devant nous. On voit des galeries qui sont dessinées dans l'arbre qui était pourtant déjà carbonisé. Là, il a un parasite qui est en train de manger le bois. Il est en train d'être grignoté. Il n'aura plus du tout de valeur et on ne pourra plus rien en faire. C'est pour ça qu'il faut aller vite", indique Sophie David. Ces insectes pourraient aussi s'attaquer au reste de la forêt, surtout s'ils ont le temps de se multiplier.
Pourtant, malgré ces menaces, malgré la sécheresse, malgré les canicules, de premiers signes de vie se manifestent déjà sur la terre tapie de cendres. On voit des fougères et même "au pied des arbres, parfois, des petits pins et des petits chênes. C'est un très bon signe pour la régénération de la forêt", se réjouit Sophie David.
"Il va falloir observer ça dans le temps puisque ce n'est pas parce qu'il a poussé là, qu'il va réussir à survivre à la sécheresse."
L'Office national des forêts va d'abord laisser faire la nature. Ce n'est que dans deux ou trois ans que des arbres pourraient être plantés directement pour diversifier les essences de la forêt et y introduire de nouvelles espèces plus résistantes au réchauffement climatique.