// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Futura a 25 ans : là où le savoir forge l'opinion
Il y a vingt-cinq ans, à dix-huit ans, je lançais Futura avec un ordinateur et dix heures d'Internet par mois. Aujourd'hui, vous êtes plus de 15 millions chaque mois à suivre l'actualité scientifique et à poser un regard plus éclairé sur le monde. Le pari un peu fou du départ n'a pas pris une ride.
Je suis né en 1982, en région parisienne, proche de la nature. Comme beaucoup d'enfants, j'ai rêvé d'être astronaute, d'aller voir la Terre de là-haut. Cela ne s'est pas fait, mais l'envie de regarder loin, elle, ne m'a jamais quitté.
Il y a deux choses qui m'ont construit. Les sciences, d'abord : petit, je dévorais les magazines d'actualité scientifique. Et l'informatique : mon père m'a offert un ordinateur quand j'avais sept ans, et j'ai tout de suite eu envie de désosser la machine, de comprendre comment ça marchait. Quand Internet est arrivé, j'ai fait toc-toc, et je suis entré, pour découvrir ce monde mystérieux. En 2000, juste pour m'amuser, j'ai créé un premier petit site que j'avais appelé Lanthanides, du nom d'une famille d'éléments chimiques. La science me suivait déjà, même dans mes bricolages.
Et puis un soir, l'été 2001, l'étincelle était là : l'envie de faire quelque chose de plus grand. Le nom est venu un matin, en me levant : Futura-Sciences. Le futur, les sciences. À l'époque, il faut dire les choses comme elles sont, l'offre d'information scientifique était très faible sur Internet. Les quelques sites qui existaient disparaissaient les uns après les autres, emportés par l'éclatement de la bulle dot-com. Et moi, j'avais envie de vulgariser toutes ces découvertes, et surtout de redonner aux jeunes le goût de la science.
Au démarrage, Futura n'était pas une entreprise. C'était une association loi 1901, complètement bénévole. J'ai eu la chance de rencontrer, sur des forums et des salons de discussion, des passionnés comme moi - des gens un peu plus graphistes, un peu plus développeurs. Et c'est avec eux qu'on a construit les premiers formats. Je faisais ça le soir, en parallèle de mes classes préparatoires et de mon école d'ingénieurs en télécoms, que j'ai finie avec une spécialisation spatiale - toujours cette envie de toucher les étoiles. J'ai tenu à aller au bout de mes études jusqu'au diplôme, en 2007, et c'est là seulement que j'ai lancé l'entreprise, en me donnant deux ans pour réussir.
Mais Futura n'a jamais été une aventure personnelle. Très vite, ça a été une histoire d'équipe, et même une histoire de famille : ma mère, Agnès, est à mes côtés depuis les tout débuts, notamment auprès des scientifiques. Et mon père m'a toujours soutenu dans ce projet entrepreneurial. Ce sont aussi des dizaines de rencontres, de fabuleux journalistes et coéquipiers - certains nous ont quittés, et j'ai une pensée pour eux : Jean-Luc Goudet, Céline Déluzarche, Georges Tarsi... Continuons le voyage.
Ce qui est étonnant, avec ces vingt-cinq ans, c'est de voir à quel point le combat est resté le même - et à quel point ses terrains, eux, ont changé. De l'Internet sur cédérom, on est passé à l'Internet comme une commodité - enfin, pour les pays développés -, puis à notre cerveau externalisé sur une IA à qui l'on délègue presque notre esprit critique.
En 2001, ce qui me tenait à cœur, c'était de rapprocher la science des citoyens, et de redonner aux jeunes l'envie des filières scientifiques au moment où ils les désertaient. On parlait déjà beaucoup des problèmes de la recherche, du manque de moyens. Et ça, malheureusement, ça n'a pas tellement changé. Sauf que d'autres sujets sont arrivés. La santé et l'environnement sont devenus des préoccupations intimes pour tout le monde. L'intelligence artificielle est en train de tout bouleverser. L'espace continue de faire rêver.
L'une des premières versions de Futura, dans les années 2000 ! © Futura
Sur le fond, on a toujours le même besoin : soutenir la recherche et développer nos savoir-faire, pour que la France garde sa place dans le monde. Et là-dessus, je veux être clair : c'est un