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“Jusqu'à ce que l'on atteigne les limites naturelles” : la folle prédiction d’Elon Musk sur l'industrie de la Lune et Mars
Une industrie spatiale qui double chaque année ? Elon Musk voit beaucoup plus grand, et beaucoup plus vite. Sur X.com, le patron de SpaceX a fait une prédiction hallucinante sur l’avenir de l’humanité.
Ce week-end, David Holz, fondateur de Midjourney, a fait part de sa vision de la conquête spatiale. Selon lui, si une industrie spatiale démarre modestement en 2030, comme on peut aujourd’hui le penser, puis voit sa production doubler tous les ans, l’humanité atteindrait le « type I » de l’échelle de Kardashev dès 2064, puis le « type II » en 2098. Et même si la production ne double que tous les deux ans, ces seuils seraient franchis en 2096 et en 2165.
Mais Elon Musk, lui, juge ce scénario beaucoup trop prudent. Il estime que la production sur la Lune et Mars s’emballera à un rythme bien supérieur, « jusqu’à ce que l’on atteigne les limites naturelles ».
Imaginée dans les années 1960 par l’astronome soviétique Nikolaï Kardashev, cette échelle classe d’hypothétiques civilisations selon la quantité d’énergie qu’elles maîtrisent. Le type I correspond à toute l’énergie disponible sur leur planète, le type II à celle de leur étoile tout entière. L’humanité, elle, n’a pas encore atteint le premier palier. Elon Musk en a pourtant fait l’un de ses repères favoris, qu’il citait déjà avant l’entrée en Bourse de SpaceX.
Le milliardaire parle d’une ville lunaire « auto-croissante ». L’idée : installer sur place des usines bâties avec l’aide de robots, capables d’exploiter les ressources locales pour produire toujours plus, sans tout faire venir de la Terre. Ainsi, lors de la première présentation des résultats de SpaceX, le 4 août dernier, il a aussi évoqué une catapulte électromagnétique capable d’expédier des charges dans l’espace sans fusée. « Je sais que cela paraît totalement fou », a-t-il reconnu devant les investisseurs.
L’homme le plus riche du monde estime, en effet, que les besoins en énergie de l’intelligence artificielle finiront par dépasser ce que la Terre peut offrir. Une base lunaire permettrait selon lui d’exploiter l’énergie du Soleil pour entraîner et faire tourner des modèles d’IA, un premier pas vers le type II.
Reste à passer de la vision à la réalité, et rien n’est encore acquis. Car Starship, la mégafusée censée acheminer ces usines, en est encore à sa phase d’essais. Mais ce n’est pas tout, selon une étude parue en septembre dans Frontiers in Space Technologies, une ville d’1 million d’habitants épuiserait l’eau lunaire connue en 2,4 ans. Elle tiendrait environ un siècle avec un recyclage aussi poussé que sur la Station spatiale internationale, ce qui poserait des défis logistiques majeurs.
Et c’est bien connu : Elon Musk est coutumier des calendriers trop optimistes. Sa vision colle surtout aux promesses faites aux investisseurs de SpaceX : son plan de rémunération ne sera débloqué que si l’entreprise atteint 7 500 milliards de dollars de capitalisation et installe sur Mars une colonie permanente d’au moins 1 million d’habitants.