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Le démarchage téléphonique change de visage, avec son interdiction dans un mois et la disparition de Bloctel
Le service Bloctel va tirer sa révérence. Le 11 août 2026, le démarchage téléphonique basculera dans une nouvelle ère, avec la disparition de la célèbre liste, remplacée par une interdiction générale du démarchage, sauf consentement préalable des consommateurs.
Après dix ans d'existence, le service Bloctel touche à sa fin. Depuis 2016, le service propulsé par le gouvernement promet aux Français une tranquillité relative face et au démarchage téléphonique et appels commerciaux intempestifs. Un dispositif gratuit, dont l'efficacité a souvent été pointée du doigt. Le 11 août 2026, tout bascule puisque la liste d'opposition perdra sa raison d'être, remplacée par une interdiction générale du démarchage téléphonique, sauf consentement explicite préalable des consommateurs.
Le principe de Bloctel est (ou était, on ne sait plus quel temps adopter) que celui qui ne veut plus être démarché inscrit son numéro sur une liste, et les entreprises n'ont ensuite plus le droit de l'appeler. Sur le papier, cela semble parfait. Le problème, c'est que cette protection reposait entièrement sur les épaules du consommateur, car c'était à lui de faire la démarche, puis de croiser les doigts pour que les entreprises respectent bien la règle. Car en pratique, certaines continuaient d'appeler malgré tout, quitte à risquer une amende le jour où quelqu'un finissait par les signaler. D'où toutes les polémiques liées au démarchage téléphonique.
Ce qui est à noter, c'est que les autorités suivent ces dossiers de près. La DGCCRF, la Répression des fraudes, a par exemple infligé plus de 200 000 euros d'amende à la dirigeante d'une société de rénovation énergétique. Son tort était d'avoir continué à appeler des personnes pourtant inscrites sur Bloctel, et ce parfois même en dehors des horaires autorisés. Une affaire parmi tant d'autres, qui prouve que les contrôles existent bel et bien, mais qui montre surtout leurs limites, car malgré le risque, certaines entreprises préféraient visiblement continuer à démarcher plutôt que jouer le jeu.
Seuls environ 10% des consommateurs s'étaient inscrits sur la liste, quand des millions de Français continuaient, eux, à subir quotidiennement ces sollicitations. Un chiffre qui en dit long sur les limites du système, où la charge de se protéger reposait entièrement sur l'usager, et jamais sur les entreprises elles-mêmes.
La fin annoncée du démarchage téléphonique tel qu'on le connaît et celle de Bloctel porte un nom un peu technique, mais l'idée est facile à comprendre : on passe de l'opt-out à l'opt-in. Jusqu'ici, il fallait activement refuser d'être appelé pour être protégé, c'est ce qu'on appelle l'opt-out. À partir du 11 août 2026, en application de la loi du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques, la logique s'inverse totalement. Place à l'opt-in, où le démarchage téléphonique sera interdit par défaut dans tous les secteurs, et où ce sera désormais aux entreprises de prouver qu'elles ont bien obtenu l'accord préalable de la personne appelée.
Deux exceptions subsisteront tout de même. Un professionnel pourra encore appeler si le consommateur a donné son consentement au préalable, de façon libre et explicite, ou si l'appel concerne un contrat en cours d'exécution, par exemple pour faire évoluer une offre existante. Mieux, si le consommateur ne souhaite pas poursuivre la conversation, le professionnel devra y mettre fin sur-le-champ, sans possibilité de le recontacter par la suite.
Gare aux contrevenants, puisqu'une fois la loi entrée en vigueur, les sanctions grimperont sérieusement, avec jusqu'à 500 000 euros d'amende et cinq ans d'emprisonnement à la clé pour une personne qui démarcherait de façon illégale. Un montant qui peut sembler énorme, mais qui reste pourtant modeste comparé à ce que risquent déjà aujourd'hui certaines entreprises pour des pratiques abusives. Une société a par exemple récemment écopé d'une amende colossale de 6,03 millions d'euros pour démarchage abusif. En attendant l'entrée en