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Google attaque Bruxelles en justice pour garder la main sur Android et ses données de recherche
Alphabet conteste devant la justice européenne deux décisions prises dans le cadre du DMA. Bruxelles veut donner aux assistants IA concurrents un accès plus profond à Android et ouvrir une partie des données de Search. Le groupe estime que ces obligations vont trop loin en matière de sécurité et de vie privée.
Le géant de Mountain View ne compte pas appliquer sans discuter les nouvelles règles européennes imposées à Android et à son moteur de recherche. Le groupe a saisi le Tribunal de l’Union européenne contre deux décisions adoptées par la Commission le 16 juillet dernier dans le cadre du Digital Markets Act. Il ne s’agit pas d’amendes, mais de prescriptions très concrètes sur la manière dont Google doit ouvrir ses services à ses concurrents. Les recours ont été déposés le 28 septembre et ne suspendent pas, à eux seuls, les obligations contestées.
La première bataille se joue directement dans le smartphone. Bruxelles estime que les assistants concurrents de Gemini doivent pouvoir accéder aux mêmes fonctions essentielles d’Android que celui de Google.
Onze briques sont concernées, de l’activation vocale à l’accès au contexte affiché à l’écran, en passant par la possibilité d’agir dans d’autres applications ou de travailler en arrière-plan. L’objectif est qu’un assistant installé par l’utilisateur puisse, par exemple, rédiger un e-mail, ajouter un produit à une liste ou automatiser une tâche avec un niveau d’intégration comparable à Gemini.
L’essentiel de ces changements doit arriver avec Android 18, au plus tard le 1er août prochain. Seule l’activation vocale simultanée de plusieurs assistants pourra attendre Android 19, au plus tard le 1er août 2028.
La filiale d’Alphabet estime que cette ouverture risque d’affaiblir certaines protections du système. La Commission répond que l’accès restera soumis au consentement de l’utilisateur et que des conditions particulières pourront être imposées pour les fonctions les plus sensibles. Le Tribunal devra désormais déterminer si l’UE pouvait imposer ces accès et leurs garde-fous dans les conditions retenues.
Le second recours touche à une matière encore plus sensible : les données issues des recherches des utilisateurs. Le DMA impose à Google de fournir aux moteurs concurrents (y compris certains services d’IA intégrant une fonction de recherche) des données anonymisées sur les requêtes, clics, consultations et classements pour qu’ils puissent améliorer leurs propres résultats. L’algorithme de Google, lui, ne doit pas être transmis.
La Commission prévoit plusieurs filtres : suppression des requêtes contenant des termes rares ou présentant une longueur inhabituelle, généralisation de la localisation et audits réguliers des entreprises souhaitant accéder au jeu de données.
Elle assure également qu’aucune information liée au compte ni aucun historique individuel de recherche ne seront transmis. Google devra avoir finalisé les données anonymisées en novembre, puis son offre tarifaire d’ici à janvier 2027.
Pour Mountain View, cela ne suffit pas. Oliver Bethell, son responsable de la concurrence, estime que des recherches particulièrement intimes pourraient malgré tout être partagées avec une anonymisation insuffisante.