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Actualité : Claude : son créateur alerte sur des “risques existentiels pour l'humanité” et une IA capable de ”résister à son propre arrêt” avant son entrée en Bourse
Anthropic a déposé son dossier d'introduction en Bourse auprès de la SEC. Sur 261 pages, 80 sont consacrées aux risques. L'entreprise y écrit noir sur blanc que ses modèles d'IA pourraient un jour “résister à leur propre arrêt”, “manipuler” ou adopter des comportements “s’apparentant à du chantage”. Le document révèle aussi 4,6 milliards de dollars chiffre d’affaires en 2025, 8 milliards de pertes opérationnelles et 518 milliards de dollars d'engagements d'infrastructure à venir.
© Getty Images North America/Getty Images via AFP - Dario Amodei, CEO d'Anthropic. Son entreprise consacre 80 des 261 pages de son prospectus boursier aux risques posés par sa propre technologie, dont la possibilité que ses IA tentent de “résister à leur propre arrêt”.
Anthropic, l'entreprise derrière le chatbot Claude, a transmis à un cercle restreint d'investisseurs son prospectus d'introduction au Nasdaq, le formulaire S-1 déposé auprès de la SEC. Le document, révélé par le Financial Times le 28 septembre, contient un avertissement sans précédent dans l'histoire des introductions boursières : la technologie développée par l'entreprise pourrait poser des “risques existentiels pour l’humanité”.
Sur les 261 pages du prospectus, 80 sont consacrées aux facteurs de risque. Anthropic y détaille la possibilité que ses modèles développent des “comportements d’auto-préservation”, tentent de “résister à leur propre arrêt”, “dissimulent ou manipulent de l’information” et adoptent des conduites “s’apparentant à du chantage”. Le document précise que des capacités inattendues peuvent émerger pendant l'entraînement sans que les chercheurs ne les identifient avant déploiement.
Le développement de modèles hautement avancés et l'expansion des cas d'usage pourraient accroître le risque que nos modèles causent des dommages.
Le prospectus lève le voile sur l'économie d'Anthropic. En 2025, l'entreprise fondée par d'anciens cadres d'OpenAI a réalisé 4,6 milliards de dollars de revenus, une multiplication par 12 en un an. Les dépenses en puissance de calcul ont triplé pour atteindre 7,33 milliards de dollars, creusant la perte opérationnelle à 8,06 milliards. Anthropic disposait de 20,28 milliards de trésorerie fin décembre 2025.
Les chiffres de 2026 racontent une trajectoire différente. Au deuxième trimestre, les revenus ont atteint 11,5 milliards de dollars et l'entreprise se dirige vers un second trimestre consécutif de bénéfice opérationnel ajusté. Anthropic a signé des accords d'infrastructure avec Google, SpaceX et Nscale, pour un total d'engagements de 518 milliards de dollars sur les années à venir.
Dario Amodei (Anthropic) et Sam Altman (OpenAI). Fait rare, les deux rivaux ont soutenu ensemble un appel à ralentir le développement des modèles d'IA les plus puissants.
© G Sloan et Anna Moneymaker/Sipa et Getty Images. AFP
Autre fragilité révélée : près d'un quart des revenus de 2025 provenait de deux clients, dont l'identité n'est pas précisée. Beaucoup de grands comptes n'ont pas de contrat à long terme.