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Actualité : L’IA polluera autant que 645 millions d’Européens d’ici cinq ans
Spécialisé dans l’analyse de l’empreinte carbone du numérique, le cabinet d’analyse GreenIT a dévoilé son étude prospective sur l’empreinte carbone de l’IA d’ici à 2030. Surprise : les résultats ne sont pas très encourageants.
© Sinem Görücü / https://betterimagesofai.org / CC BY 4.0 - La fuite en avant de l'IA pourrait nous coûter cher
Devra-t-on cesser de prompter pour sauver la planète ? C’est ce qui ressort plus ou moins de la toute nouvelle étude de GreenIT sur les impacts environnementaux de l’intelligence artificielle dans le monde. Le collectif tire la sonnette d’alarme en expliquant que les impacts écologiques négatifs liés à l’utilisation de l’IA pourraient être multipliés par sept d’ici 2030.
Très concrètement, les émissions de gaz à effet de serre (GES) associées à l’IA “représenteront l’équivalent de 1,4 fois le budget annuel soutenable de l’Union européenne” d’ici à 2030, soit l’équivalent du bilan carbone de 645 millions d’Européens.
Pour obtenir ces chiffres, les experts ont modélisé la croissance et l’incidence de trois familles de serveurs (bas, moyen et haut de gamme) d’ici à 2030. Ils en ont conclu qu’on peut s’attendre à “une augmentation de la consommation électrique totale de l’IA multipliée par sept entre 2025 et 2030” avec ce que cela implique de génération d’énergie sale. En effet, selon GreenIT, plus de la moitié des centres de données IA dans le monde sont aux États-Unis, un pays pas exactement reconnu pour son amour des énergies renouvelables.
Résultat, la consommation électrique des centres de données concentrerait 92 % des impacts totaux de l’IA. Contrairement à nos ordinateurs et téléphones personnels qui héritent de la majorité de leur empreinte carbone dès la phase de fabrication, c’est la phase d’utilisation des serveurs qui est la plus polluante. La faute à des machines qui tournent constamment au maximum de leurs moyens.
Regarder uniquement les tonnes de CO2 relâchées dans l’atmosphère n’offre cependant pas une vision complète du problème. En effet, l’épuisement des sols, l’asphyxie des écosystèmes aquatiques et les émissions de particules fines cumuleraient à eux seuls près des deux tiers de l’empreinte de l’IA.
Cela pourrait d’ailleurs poser un problème médical urgent, puisque “les émissions des particules fines de 2,5 μm (PM2.5) […] contribuent à une augmentation du taux de maladies, pouvant conduire jusqu’au décès, à hauteur de 3217 nouveaux cas en 2025 et jusqu’à 20 639 en 2030”. Et c'est sans même parler de l'augmentation de la surface des centres informatiques qui pourrait être multipliée par six d'ici à cinq ans, provoquant des conséquences multiples dues à l'artificialisation des sols.
Un constat qui fait dire à GreenIT que “la seule solution efficace à court terme pour réduire les impacts de l’IA n’est pas de construire de nouveaux DC IA dits ‘plus écologiques’, mais bien de réduire la consommation d’IA par les utilisateurs (entreprises et particuliers)”. Le collectif milite donc pour un plan “sobriété IA”, la taxation des centres de données alimentés à l’énergie fossile et la création d’un marquage IA “comme pour les OGM”.
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