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Qui financera l’IA française, qui en récoltera les gains ? Le débat vers l'Élysée est lancé
Un débat riche d'enseignements a eu lieu sur l'intelligence artificielle, il y a quelques jours au stade Vélodrome de Marseille, entre plusieurs représentants et candidats à l'élection présidentielle. On a vite débordé sur la question des fonctionnaires, des retraites, de l'assurance-vie et des foisonnants centres de données, car derrière la promesse de machines plus efficaces se cachent des choix éminemment politiques. Que fait-on du temps gagné ? Qui paie les investissements ? Et jusqu’où peut-on dépendre de ceux qui fournissent les outils ?
Dans l'impressionnant écrin du CEPAC Vélodrome de la cité phocéenne, il aura suffi, vendredi 25 septembre 2026, de quelques minutes pour voir apparaître une première fracture lors de ce débat sur l'intelligence artificielle. Laurent Marcangeli ne croit pas à une course française aux grands agents conversationnels. « Ça n’existera pas cette course-là. Nous n’y participons pas », explique le président du groupe Horizons & Indépendants à l’Assemblée, venu défendre les orientations d’Édouard Philippe. Il préfère regarder du côté de la robotique, des usages IA du côté de la santé ou encore de la défense.Paul Midy prend le micro un peu plus tard et part dans l’autre direction. Pour le député Renaissance, qui représente Gabriel Attal, la France peut encore viser la première place. Son raisonnement tient en un nom : Mistral. Et en un chiffre : 30 milliards d’euros. Avec une telle somme, assure-t-il, l’entreprise française pourrait rivaliser avec les champions américains. Il prend Anthropic pour référence et sa levée de 30 milliards de dollars annoncée par l’entreprise américaine en février 2026 Voilà déjà deux politiques industrielles différentes. Faut-il tenter de revenir dans la course aux modèles géants, ou choisir les domaines dans lesquels la France possède déjà des compétences ? La question reviendra sous plusieurs formes au cours des deux plateaux organisés dans le cadre de l'Artificial Intelligence Marseille (AIM). Car presque personne ne conteste ici que l’IA va prendre davantage de place. Les désaccords commencent lorsqu’il faut décider laquelle, avec quel argent et pour quel résultat.
Sarah Knafo a une destination précise en tête pour une partie des gains de productivité : réduire le coût de l’administration. La députée européenne Reconquête défend l’automatisation de certaines tâches et propose de ne pas remplacer 800 000 agents publics partant à la retraite. Paul Midy avance de son côté un plan de départ volontaire de 100 000 fonctionnaires. Ces objectifs s’inscrivent dans des programmes plus larges ; la part exacte des réductions attribuée à l’IA reste indéterminée.
« Ce que je propose, c’est que l’État dépense moins pour pouvoir taxer moins. »— Sarah Knafo
Si les gains liés à l'usage de l'IA semblent évidents, il faut toutefois en mesurer les impacts concrets. Récemment, une expérience britannique a permis de voir plus concrètement ce que deviennent ces gains. En janvier 2026, le Department for Work and Pensions a publié le bilan d’un test de Microsoft Copilot auprès de 3 549 agents. En comparant ses utilisateurs à un groupe d’agents non équipés, l’étude estime à environ 19 minutes par jour le temps gagné sur huit tâches courantes, de la rédaction d’e-mails à la recherche d’informations.Mais le chiffre le plus intéressant est peut-être ailleurs. Parmi les utilisateurs interrogés, 89 % disent avoir consacré le temps récupéré… à d’autres tâches. Certains ont avancé sur leurs projets, d’autres préparé leur travail ou amélioré la qualité de ce qu’ils produisaient. Autrement dit, l’IA a bien dégagé du temps sans transformer automatiquement ces minutes en postes devenus inutiles.D’autres expériences vont dans le même sens. En 2025, un outil chargé d’analyser les réponses aux consultations publiques britanniques a permis d’économiser quelque 8 000 heures de travail administratif sur sept consultations. Dans la justice, un système de transcription a réduit de 75 % le temps consacré à