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Tesla : la manœuvre financière qui prouve à quel point le virage dans l'IA et les robots coûte cher
Tesla vient d’ouvrir 30 milliards de dollars de lignes de crédit, alors qu’elle a déjà plus de 40 milliards en caisse. Comprenez : ses rentrées d’argent ne suffisent plus à financer ses ambitions.
Ce 29 septembre, Tesla a déposé un document officiel auprès du régulateur boursier américain. Il révèle trois accords : un prêt de 20 milliards de dollars avec Citi, que Tesla pourra piocher par étapes pendant 18 mois, et deux lignes de crédit de 8 et 2 milliards avec Wells Fargo, des sortes de découverts autorisés géants.
Pour l’instant, rien n’a été emprunté, et le constructeur ne compte pas y toucher en 2026. Mais alors, pourquoi s’endetter quand on dispose déjà d’une manne financière immense ?
Cette démarche le prouve, Tesla s’apprête à dépenser des sommes colossales. Car le constructeur prévoit plus de 25 milliards de dollars de « capex » en 2026, c’est-à-dire les dépenses d’investissement qui comprennent les usines, les machines ainsi que les centres de calcul. C’est près de trois fois plus qu’en 2025, lorsqu’elles atteignaient 8,53 milliards de dollars.
Cet argent doit financer plusieurs chantiers à la fois : la puissance de calcul pour l’intelligence artificielle, la fabrication de cellules solaires et une usine de puces électroniques menée avec SpaceX, la fameuse TeraFab. Mais ce n’est pas tout : le robotaxi Cybercab, le camion électrique Semi et l’humanoïde Optimus sont également au centre des activités du constructeur, qui a pris un virage stratégique majeur vers l’IA et la robotique pour compenser la diminution des ventes de voitures.
Et si Tesla ne puise pas directement dans sa trésorerie, c’est parce qu’elle s’attend à voir sortir bien plus d’argent qu’il n’en rentre pendant plusieurs années, estime Garrett Nelson, analyste chez le cabinet CFRA.
Et cette facture se lit déjà dans les comptes. Au deuxième trimestre, l’activité de Tesla a généré 4,7 milliards de dollars, mais le constructeur en a investi 5,8 milliards. Résultat, un flux de trésorerie disponible négatif de 1,1 milliard. Ce solde était positif depuis au moins six trimestres. Le résultat d’exploitation, qui mesure l'activité courante, a pour sa part chuté de 57 % pour tomber à 398 millions.
Les analystes anticipent encore pire. Ce flux pourrait atteindre un déficit de 9,78 milliards de dollars. Si le constructeur garde une belle avance avec 43,5 milliards de dollars de liquidités à la fin juin, les prochains mois, voire années, s’annoncent plus limités. Mais à terme, Elon Musk considère que l’IA et les robots rapporteront des centaines de milliards à Tesla, de quoi justifier des dépenses astronomiques aujourd’hui.