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Actualité : Ce filtre imprimé en 3D capture 90 % des microplastiques, et il coûte presque rien à fabriquer
Chaque gorgée d'eau en charrie, et nos carafes filtrantes peinent à les arrêter. À l'université de Waterloo, au Canada, des ingénieurs ont trouvé une parade surprenante : une pile de petits disques sortis d'une imprimante 3D, passés à l'eau chaude puis enduits de colle, qui retient 90 % des microplastiques. Leur ambition ? Le voir un jour rejoindre votre cuisine.
© Université de Waterloo - Un disque filtrant en PLA, à peine plus grand qu'une capsule de bocal. Empilés par vingt, ces disques retiennent 90 % des microplastiques lors des essais en laboratoire.
On les retrouve dans l'eau, l'air, les aliments, jusque dans nos organes. Les microplastiques ont colonisé la planète, et les traquer dans l'eau relève du casse-tête : le charbon actif, roi des carafes filtrantes, n'en retient qu'une partie. Tizazu Mekonnen, professeur de génie chimique à Waterloo, et l'étudiant-chercheur Ethan Crawford ont imaginé une parade étonnamment rustique. Leurs travaux, parus dans la revue Separation and Purification Technology, ont fait l'objet d'un communiqué fin septembre 2026.
La recette tient en trois gestes. D'abord, des disques en acide polylactique (PLA), un polymère d'origine végétale, dessinés pour maximiser le contact avec l'eau qui ruisselle à travers eux par simple gravité. L'astuce suivante consiste à incorporer au PLA du polyéthylène glycol, que l'on dissout ensuite à l'eau chaude : en disparaissant, il crible la surface de pores micro et nanométriques.
Du filament au filtre : le PLA mêlé de PEG est imprimé en disques, puis plongé dans l'eau à 80 °C pour creuser des pores visibles au microscope. Un enrobage adhésif P(2-EHA) agrippe ensuite les microplastiques de polystyrène pendant que l'eau traverse la colonne.
© Separation and Purification Technology / Université de Waterloo
Dernière touche, un enrobage adhésif sensible à la pression, qui agrippe les particules sans boucher les pores.
Bruts, sans pores ni enrobage, ces filtres ne retiennent que 16 % des microplastiques. Une fois traités et empilés, ils changent de catégorie : l'équipe a testé des colonnes de 8 à 20 disques.
Avec vingt filtres, nous avons éliminé 90 % des microplastiques, une nette amélioration par rapport aux technologies de filtration actuelles.
Tout l'intérêt du dispositif tient dans la modestie de ses ingrédients. Le PLA figure parmi les filaments les moins chers du marché, le polyéthylène glycol relève du produit chimique courant, et l'impression repose sur le dépôt de filament fondu, la technologie qui équipe les imprimantes 3D grand public. L'équipe n'a avancé aucun prix, mais rien dans cette recette ne réclame d'équipement hors de portée.