// CLUBIC — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
Ce jeu IA gratuit vous laisse détruire n'importe quel site web avec un bonhomme bâton, le pied !
Le jeu gratuit en pixel art, Destroy Any Website, propose de détruire n'importe quel site web avec un bonhomme bâton armé, depuis son navigateur. Il est vite devenu viral et propose même un mode multijoueur.
Destroy Any Website porte bien son nom : ce jeu gratuit « à l'ancienne » transforme le site web de votre choix en champ de ruines, à coups de fusils et de grenades en pixel art. Aux commandes de ce sympathique défouloir, on retrouve le Français Hugo Duprez, créateur de Sprite Fusion, un générateur de pixel art par intelligence artificielle auquel le jeu sert ouvertement de vitrine. Que les âmes sensibles se rassurent, aucun site n'est réellement abîmé dans l'opération.
Alors comment ça marche, Destroy Any Website ? C'est simple, une fois arrivé sur le site, on tape l'adresse d'un site, on valide, et un bonhomme bâton armé jusqu'aux dents débarque au milieu des menus et des articles, ou des produits, selon le type de site que vous choisissez. Clin d'œil malicieux, la vidéo de lancement le montre s'attaquer à la page Wikipédia… des bonshommes bâtons. Il court avec A et D ou les flèches du clavier, saute avec la barre d'espace et s'envole si l'on maintient la touche. La souris vise et tire, le clic droit lance des grenades. Et sur téléphone, il suffit de basculer l'écran à l'horizontale pour jouer au doigt.
Ça ne vous occupera pas pendant des heures, mais le concept est assez marrant et permet de s'amuser quelques minutes, et un peu plus si vous décidez de le partager. On l'a testé sur des sites comme L'Équipe, ou même Clubic (faites-vous plaisir). Quand vous vous mettez en mode destruction de votre site préféré ou de votre cible, le texte part en morceaux lettre par lettre, accents compris, et chaque cratère dévoile le décor choisi, ville, montagne au crépuscule ou paysage ensoleillé. Selon l'arme que vous sélectionnez (il y en a une dizaine en tout), vous ferez plus ou moins de dégâts.
Le petit plus de gamification, c'est la jauge qui apparaît en haut à gauche de la page et qui chiffre tir après tir, explosion après explosion l'ampleur du carnage. Vous pouvez faire défiler les armes à l'aide des touches numériques ou de la molette, et il existe même un mode multijoueur qui permet d'ouvrir une salle pour défier ses amis sur le même site. Les webmasters dotés d'autodérision peuvent aussi afficher un badge invitant leurs visiteurs à saccager leur propre page.
Interrogé sur X à propos de sa recette technique, Hugo Duprez a évoqué Cloudflare Workers et Durable Objects. En gros, il s'agit ici de petits programmes exécutés sur le réseau mondial de Cloudflare, sans serveur à entretenir, et une brique conçue pour coordonner des échanges en temps réel, bien pratique pour jouer à plusieurs. Le jeu, lui, s'acharne sur une simple copie de la page. Une architecture taillée pour encaisser un succès viral.
L'idée n'est pas inédite en soi. Environ deux semaines plus tôt, d'après son créateur, Alex Reardon, un développeur basé à Sydney, publiait Page Rage, un jeu au principe presque identique, réalisé sans aucune intelligence artificielle générative. On y incarne un soldat équipé d'un jetpack, avec deux façons de jouer : installer une extension, ce petit module qui s'ajoute à Chrome, Firefox ou Edge pour s'attaquer à n'importe quelle page ouverte, ou se défouler directement sur son site, où six fausses pages imitent des services bien connus sous des noms comme Rageit ou Pain Mail. Bien accueilli sur Reddit, le jeu a moins fait de bruit que Destroy Any Website.
Loin de crier au plagiat, Alex Reardon reconnaît à son cadet des choix créatifs bien à lui, qu'il s'en soit inspiré ou que les deux développeurs aient simplement eu la même idée chacun de leur côté.