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L'utilisation des grenades assourdissantes suspendue : quatre questions sur ces armes utilisées par les forces de l'ordre lors des manifestations
L'usage des grenades assourdissantes a été suspendu "pour le mouvement lycéen", a annoncé mercredi Laurent Nuñez après notamment qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée à Lens.
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Le ministre de l'Intérieur annonce mercredi 7 octobre interdire l'usage des grenades assourdissantes dans le cadre du mouvement lycéen. Cette annonce de Laurent Nuñez intervient alors qu'un jeune de 15 ans a eu la main arrachée à Lens dans des circonstances qui restent à déterminer. Les circonstances des faits restent floues. Une enquête de l'IGPN, la police des polices, devra notamment établir si le lycéen a ramassé la grenade, ou si elle a atterri sur lui, et si le tir était réglementaire.
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Les grenades lacrymogènes, de désencerclement, assourdissantes sont considérées par les forces de l'ordre comme des armes intermédiaires. Elles sont jugées nécessaires au maintien de l'ordre et notamment utilisées pour disperser des attroupements. Laurent Nuñez avait assuré que "dans les conditions de prise à partie extrêmement violentes, il peut être fait usage effectivement de toutes les armes intermédiaires […] avec un usage proportionné".
Plusieurs voix se sont élevées pour protester contre l'usage de ces armes jugées "dangereuses" face à un public de lycéens. Une pétition a été lancée sur le site de l'Assemblée nationale le 5 octobre pour demander "l'interdiction des armes mutilantes et des techniques d'immobilisation létales dans les manifestations lycéennes".
La suspension récente concerne l'utilisation de la grenade assourdissante ASSD, de la marque Alsetex. Elles produisent un flash lumineux et surtout une forte détonation de l'ordre de 160 décibels. Ce bruit pourrait être comparé à une arme à feu bruyante. Leur objectif est de désorienter les personnes présentes autour. Cette grenade est tirée à l'aide d'un lanceur, explique le secrétaire national de l'Unsa Police CRS sur franceinfo, afin de disperser les manifestants à distance et d'éviter que les forces de l'ordre soient au contact. "C'est juste pour disperser la foule", assure-t-il, précisant toutefois qu'elle provoque "bien sûr une détonation".
Le schéma national de maintien de l'ordre (SNMO), diffusé en 2020 et actualisé l'année suivante, confirme "l'intérêt de l'emploi des moyens et des armes de force intermédiaire au maintien de l'ordre, tout en adaptant leur emploi". L'usage de ces grenades est strictement encadré : seuls des policiers ou gendarmes qui possèdent une habilitation individuelle peuvent les lancer. Ils doivent le faire après deux ordres de dispersion inefficaces sauf si les forces de l'ordre sont victimes de violences. Dans ce cas, elles peuvent faire usage de ces grenades sans sommation.
Mais s'en servir comporte des risques. Le code de la sécurité intérieure précise que les forces de l'ordre ne doivent y avoir recours que lorsque c'est "absolument nécessaire". En 2020, le ministère de l'Intérieur rappelle qu'il n'est "jamais anodin de les utiliser" en raison de leur "danger potentiel".
Pour le modèle de grenade ASSD précisément, ce qu'il s'est passé à Lens semble être le premier cas. En revanche, il existe d'autres modèles de grenade qui ont déjà fait des dégâts comme la grenade GM2L qui en plus d'être assourdissante diffuse du gaz lacrymogène. Son utilisation a notamment causé des blessures avec des mutilations ou des pertes d'audition dues à ces grenades tirées à répétition lors de la manifestation contre les mégabassines de mars 2023 à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres.