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Mobilisations lycéennes : le maintien de l'ordre est-il disproportionné ?
Driss Aït Youssef, docteur en droit public, directeur de l’institut Léonard de Vinci, spécialiste des questions de sécurité et de renseignement était l'invité de franceinfo mercredi.
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L'utilisation de grenades assourdissantes lors des manifestations lycéennes était "une erreur", estime Driss Aït Youssef, docteur en droit public et spécialiste des questions de sécurité, invité mercredi 7 octobre sur franceinfo. Le gouvernement a suspendu leur utilisation après qu'un lycéen a eu la main arrachée lundi. Une enquête administrative doit désormais déterminer les circonstances de ce drame et d'éventuelles responsabilités.
Pour le spécialiste, c'est d'abord l'âge des manifestants qui doit être pris en compte. Les grenades assourdissantes peuvent être utilisées lors d'opérations de maintien de l'ordre afin de tenir à distance des manifestants et d'éviter le contact direct avec les forces de l'ordre. Mais les cortèges lycéens sont composés de nombreux mineurs, "qui ne sont pas tout à fait capables de discerner où est le danger", souligne Driss Aït Youssef. Il juge donc l'emploi de ces armes de force intermédiaire particulièrement risqué dans ce contexte.
La suspension de ces grenades réduit toutefois les moyens à disposition des policiers. Les forces de l'ordre peuvent d'abord privilégier la désescalade et le dialogue avec les organisateurs, puis utiliser de manière graduée des grenades lacrymogènes. Dans les situations les plus violentes, elles disposent également de grenades de désencerclement ou de lanceurs de balles de défense.
La question de la proportionnalité de la réponse policière se pose alors que 18 enquêtes de l'IGPN ont été ouvertes depuis le début du mouvement et que 215 élèves ont été blessés, sans que toutes ces blessures soient nécessairement imputables aux forces de l'ordre. Driss Aït Youssef reconnaît qu'il y a "probablement un problème", tout en refusant de parler de violences policières de manière générale. Il rappelle que les opérations de maintien de l'ordre peuvent provoquer des accidents et que chaque situation doit être examinée individuellement.
Face à des manifestations réunissant de nombreux adolescents, le spécialiste appelle donc à adapter la réponse des forces de l'ordre. "Je préfère voir trois poubelles brûlées sur la voie publique que trois gamins en urgence absolue", résume-t-il. Selon lui, la présence de mineurs dans les cortèges doit conduire à un usage "proportionné et dosé", voire "extrêmement limité", des armes de force intermédiaire, même lorsque des individus violents se mêlent aux manifestants.
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