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Mobilisation des lycéens : l'usage des grenades assourdissantes par les forces de l'ordre temporairement suspendu ?
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Le gouvernement suspend à compter du mercredi 7 octobre l’usage de certaines grenades assourdissantes lors des mobilisations, après la grave blessure d’un adolescent de 15 ans à Lens. Comment ces armes sont-elles utilisées, et quels sont les risques pour les manifestants ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Une grenade au cœur de la polémique. Un lycéen a perdu l'usage de sa main gauche, arrachée après le tir d'une grenade. Sur une vidéo, Evan, 15 ans, s'effondre au sol, secouru par ses camarades. C'était il y a deux jours à Lens (Pas-de-Calais).
Le lycée où il est scolarisé a partiellement rouvert, dans la matinée du mercredi 7 octobre. L'émotion n'est pas retombée chez les élèves qui ont vu les images. "On a toutes les vidéos qui tournent, tout le monde est traumatisé, moi personnellement, pareil", confie une lycéenne. Une enquête est ouverte pour savoir si le lycéen a ramassé le projectile ou s'il a été touché par un tir.
À l'origine du drame, une grenade assourdissante, utilisée en maintien de l'ordre pour disperser la foule à plusieurs dizaines de mètres de distance. Le ministre de l'Intérieur a annoncé le retrait temporaire de cette arme. "Ce que j'ai annoncé ce matin, c'est que je suspendais l'utilisation pour le mouvement des lycéens de ce type de grenades, qui sont des grenades assourdissantes, le temps que nous comprenions exactement ce qu'il s'est passé", a précisé Laurent Nuñez.
Mais un télégramme du directeur de la police indique que la suspension ne concerne que les grenades projetées par lanceurs. En clair, les forces de l'ordre pourront continuer à utiliser des grenades assourdissantes, en les lançant à la main et au sol. Contrairement à la France, d'autres pays comme la Belgique et l'Allemagne ont fait le choix de ne pas utiliser ces armes dans le maintien de l'ordre.
Dans la soirée, des associations demandent une réflexion approfondie sur leur emploi en France. "Ces armes dites de forces intermédiaires sont tout sauf inoffensives. Et en fait, elles sont, notamment pour ce qui concerne les grenades, classées comme armes de guerre", rappelle Yves Rolland, magistrat honoraire et ancien président de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture.
Gendarmes et policiers, eux, maintiennent que ces grenades utilisées dans les règles permettent de maintenir la foule à distance dans un contexte de très grande violence.
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