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« Je ne connais rien aux voitures, mais » : comment Jeff Bezos a convaincu le patron de Ferrari de créer la très controversée Luce électrique
Lorsque l’on pense à Ferrari, on a en tête des supercars mythiques, et surtout des V8 et V12 rugissants. Mais alors que l’Europe serre la vis sur les voitures thermiques, la firme italienne est aussi obligée de suivre le mouvement. En janvier 2018, au salon de Detroit, Sergio Marchionne, alors CEO de Ferrari, évoque publiquement un modèle électrique. À cette époque, il voulait que Ferrari soit le premier constructeur à lancer une sportive zéro-émission (à l’échappement).
La Luce a finalement été officialisée en mai 2026, avec les réactions que l’on connaît. Très critiquée, notamment pour son design, cette nouvelle venue est le fruit d’une réflexion que John Elkann, président de Ferrari, a entamée dix ans plus tôt. Une idée qui ne lui est pas venue toute seule, loin de là. C’est justement ce qu’explique l’homme d’affaires, qui est aussi à la tête du groupe Stellantis.
Ce mercredi 7 octobre, lors de la conférence technologique Wave organisée à Turin, John Elkann a fait une confidence assez surprenante, rapportée par l’agence de presse britannique Reuters. Il admet que c’est une discussion avec Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, qui l’a convaincu de réfléchir sérieusement à une Ferrari électrique.
La conversation remonte à juillet 2016, au cours d’une promenade entre les deux hommes. Jeff Bezos lui a alors dit : « Je ne connais rien aux voitures, mais je connais très bien l’innovation. Et je pense que vous devez vraiment réfléchir sérieusement à la création d’un véhicule électrique. »
Une suggestion qui a donc fait son chemin pendant une dizaine d’années, avant de donner vie à la Ferrari Luce que l’on connaît. John Elkann n’avait visiblement pas anticipé les vives critiques autour de cette voiture électrique.
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« Nous n’avions absolument pas l’intention de créer une Ferrari controversée », a-t-il reconnu lors de cette même conférence, organisée par Vento, le fonds de capital-risque d’Exor (la holding de la famille Agnelli, qui contrôle Ferrari). Les fans de la marque italienne n’ont pas vraiment réservé un accueil chaleureux à cette nouvelle venue, mais le dirigeant assure que ces critiques ont surtout renforcé la conviction de Ferrari.
Les doutes ne viennent pas que des fans. Lors de sa journée investisseurs d’octobre 2025, Ferrari avait déjà revu ses ambitions à la baisse : en 2030, les modèles 100 % électriques ne devraient plus représenter que 20 % de sa gamme, contre 40 % prévus dans le plan de 2022, le reste étant partagé à parts égales entre thermique et hybride. Le titre avait alors connu sa pire chute depuis neuf ans, et Benedetto Vigna, CEO de Ferrari, présentait sa future électrique comme « un ajout, pas une transition ».
La Luce a été dessinée par LoveFrom, le studio fondé par Jony Ive après son départ d’Apple, où il a supervisé le design de l’iPhone. Le designer rappelle que ce modèle compte pour l’avenir de Ferrari, « pas pour recycler l’histoire, mais pour créer l’avenir ». Il rappelle que ses équipes se sont notamment plongées dans l’univers du constructeur, mais surtout dans son histoire et sa culture. Ainsi, le studio et la marque ont travaillé main dans la main pendant cinq ans sur ce projet.
Pour mémoire, la nouvelle Ferrari Luce mesure 5,03 mètres de long et affiche un empattement généreux de 2,96 mètres. Elle dispose de quatre moteurs électriques, un par roue, qui développent au total 1 050 chevaux et 990 Nm de couple. De quoi réaliser le 0 à 100 km/h en seulement 2,5 secondes. La berline a aussi droit à une batterie NMC (nickel – manganèse – cobalt) de 122 kWh bruts, qui lui offre une autonomie de 530 kilomètres WLTP. Le tout pour un prix de départ de 550 000 euros.