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Starlink frôle la collision : SpaceX accuse les autres opérateurs de satellites d’incidents à répétition
Alors que Starlink compte toujours plus de satellites dans sa constellation, SpaceX monte au créneau et pointe du doigt les autres opérateurs. Car en orbite, les risques de collision augmentent de manière inquiétante.
Dans un long billet de blog publié ce mardi 6 octobre, l’entreprise d’Elon Musk rappelle une règle simple pour éviter les accidents : chaque opérateur doit communiquer à l’avance la trajectoire de ses satellites. Elle assure appliquer ce principe à ses plus de 11 000 engins actuellement en orbite basse mais visiblement, les autres sont loin d’en faire autant.
Les chiffres sont accablants. D’après SpaceX, Starlink s’est retrouvé en situation de rapprochement avec environ 650 satellites tiers en train de manœuvrer en 2026. Seule la moitié d’entre eux partageait ses trajectoires.
Sur six mois, l’entreprise a aussi recensé 164 000 « conjonctions », c’est-à-dire des passages rapprochés entre deux objets, dans les quatre heures suivant une manœuvre non annoncée. Toutes n’étaient pas dangereuses, précise SpaceX. Mais sans données fiables, impossible d’être sûr d’éviter l’autre engin en cas de vrai risque.
Le 1er octobre 2025, par exemple, un satellite devait croiser un Starlink à 9 kilomètres de distance. Mais environ 4,5 heures avant le passage, il a manœuvré, réduisant cet écart à seulement 57 mètres. L’entreprise a repéré le changement et déplacé son propre satellite pour retrouver un kilomètre de marge.
Rebelote en août 2026. Sauf que cette fois-ci, l’alerte est arrivée 30 minutes avant le croisement, soit trop tard pour allumer les moteurs. Le satellite Starlink a alors pivoté pour placer ses panneaux solaires de profil. Les deux engins se sont croisés à 134 mètres, une frayeur qui « aurait pu être évitée » si l’autre objet avait annoncé sa manœuvre, estime SpaceX.
Une collision en orbite serait catastrophique. Elle projetterait une multitude de débris, susceptibles de percuter à leur tour d’autres satellites. Une réaction en chaîne redoutée depuis des années par les astronomes.
Pour éviter le pire, SpaceX réclame un partage systématique des éphémérides, ces données qui décrivent la route d’un satellite, manœuvres prévues comprises. La firme rappelle, en outre, le déploiement de son système Stargaze, qui utilise plus de 31 000 capteurs optiques de sa flotte pour repérer les manœuvres non annoncées. Car la sécurité spatiale « ne devrait pas être une préoccupation géopolitique ou une préoccupation liée à la concurrence », estime-t-elle.
Ce plaidoyer est publié alors que SpaceX s’active pour renforcer sa présence en orbite basse. L’entreprise envisage jusqu’à 100 000 satellites Starlink autour de la Terre, mais aussi environ 1 million de dispositifs Starmind, des centres de calcul en orbite qui doivent être lancés dès l’année prochaine.