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Ecosia quitte Mistral pour des IA chinoises, Arthur Mensch répond : « Désolé si le nucléaire est un vrai point de blocage »
Christian Kroll, fondateur et patron d’Ecosia, claque la porte à Mistral. Dans un entretien publié par Politico le 6 octobre, il annonce que son moteur abandonne le laboratoire français au profit de modèles à poids ouverts, y compris chinois. Le même jour, Mistral présentait Large 4, le plus gros modèle de son histoire. Difficile de faire pire comme calendrier.
Ecosia, c’est ce moteur berlinois qui revendique plus de 20 millions d’utilisateurs et reverse ses bénéfices à des projets climatiques. Le ministère fédéral allemand de l’Environnement et le NHS britannique l’utilisent, d’après Politico.
En mai, il avait remplacé OpenAI par Mistral pour ses réponses générées par IA. Cinq mois plus tard, Christian Kroll lâche : « Nous sommes déçus par la qualité de Mistral ». Il juge ses modèles en retard d’un an sur la concurrence et décrit des serveurs régulièrement saturés.
Ecosia passe donc chez Melious, une plateforme allemande qui sert depuis l’Europe une soixantaine de modèles ouverts, parmi lesquels Qwen (Alibaba), GLM (Z.ai) et Kimi (Moonshot AI). Christian Kroll affirme avoir divisé ses coûts par deux environ, sans mesure indépendante à l’appui.
Deux autres griefs accompagnent celui de la qualité. Ecosia doute d’abord que Mistral soit compatible avec ses objectifs environnementaux, à cause du poids du nucléaire dans l’électricité française.
Arthur Mensch, patron de Mistral, a répondu sur X en rappelant que son entreprise sert elle aussi ces modèles chinois, avant d’ajouter : « Désolé si l’énergie nucléaire est un vrai point de blocage ».
Ecosia s’est construit sur l’action climatique, et sur ce critère précis le nucléaire est un atout. RTE a mesuré 19,6 g de CO2 par kWh produit en France en 2025, quand l’Office fédéral allemand de l’environnement en compte 344 pour le kWh consommé outre-Rhin. L’écart est d’environ 17 fois. Sur tout le cycle de vie, mines et démantèlement compris, le GIEC situe l’atome autour de 12 g par kWh, au niveau de l’éolien. On peut refuser le nucléaire pour ses déchets ou ses risques, le débat est légitime et très allemand. Écarter un fournisseur au nom du climat parce qu’il s’y branche revient pourtant à rejeter l’un des kWh les moins carbonés d’Europe.
Le reproche de souveraineté souffre du même défaut. Christian Kroll estime que Mistral, financé par des investisseurs étrangers, n’est pas réellement souverain.
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Samsung a bien mené le tour de table de 3 milliards d’euros de septembre, et Nvidia figure au capital. Remplacer ce Mistral-là par des modèles conçus chez Alibaba se défend seulement parce que leurs poids sont ouverts et tournent sur des serveurs européens, que personne ne peut couper à distance. Or Mistral héberge GLM sur sa propre infrastructure depuis août, et publie lui aussi ses poids, ceux de Large 4 étant attendus fin octobre.