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Le pire scénario sur un freinage d’urgence : cette voiture électrique chinoise de luxe conçue avec Huawei casse sa pédale à 100 km/h
Alors que les voitures chinoises sont de plus en plus nombreuses sur les routes, leur image s’est aussi très nettement améliorée. Véritables concentrés de technologies, elles sont bien souvent plus abouties que leurs rivales européennes. En parallèle, le gouvernement chinois a fortement serré la vis sur les réglementations, notamment autour de la sécurité. Ainsi, les batteries sont désormais soumises à des règles très strictes, tout comme les poignées de portes. Les constructeurs ne sont pas pour autant à l’abri des ratés, y compris sur une pièce aussi critique que la pédale de frein.
C’est justement le cas de Maextro, marque de luxe née de l’alliance entre Huawei et le constructeur JAC, encore inconnue dans nos contrées. Celle-ci commercialise la berline S800 ainsi que le grand monospace V800. Or, ce dernier est désormais au cœur d’une polémique, à la suite d’un test de freinage d’urgence, de 100 km/h à l’arrêt, publié ce jeudi 8 octobre par Dongchedi, une plateforme automobile chinoise détenue par ByteDance.
Les trois exemplaires mis à l’épreuve ont subi la même panne, au troisième, au quatrième et au deuxième freinage à fond. Sur chacun, le support de la pédale a cédé, ce qui a rendu la pédale inutilisable et obligé les essayeurs à arrêter le monospace avec le freinage d’urgence commandé par la touche P.
Sur le troisième exemplaire, équipé d’un capteur, le support a cédé sous un effort d’environ 1 612 newtons, alors que la norme chinoise impose à une pédale de frein de tenir 2 000 newtons pendant cinq secondes sans casser.
Une fois la pédale hors service, la distance d’arrêt depuis 100 km/h est passée d’environ 38 mètres à quelque 140 mètres, la commande P ne faisant que ralentir le monospace petit à petit (le manuel du V800 précise d’ailleurs qu’elle ne remplace pas le freinage classique).
Comme le relève sur X (anciennement Twitter) l’ingénieur automobile Syed Haseeb Hassan, spécialiste des voitures électriques, les trois supports ont cédé au même endroit. Il s’agit du support en plastique qui retient la pédale et qui doit encaisser toute la pression du pied du conducteur. Mais le matériau ne serait pas la cause du problème dans ce cas. Car l’ingénieur le rappelle : « une autre voiture utilise exactement le même plastique, du même fournisseur, et a survécu à 6 arrêts d’urgence complets. »
Selon l’analyse de Dongchedi, que reprend l’ingénieur, le souci vient de la conception même de la pièce. Le centre de la pédale se trouve à environ 130 millimètres de son axe, plus loin que sur les modèles comparables, ce qui augmente l’effort encaissé par le support quand le conducteur appuie. Or, la zone du pivot ne repose que sur une seule nervure verticale, quand d’autres modèles utilisant la même matière et le même fournisseur en comptent deux ou trois. Par ailleurs, il explique qu’« une ligne de soudure se trouve pile dans la zone de contrainte maximale ». De quoi fragiliser encore la pièce. Que répond Maextro à tout ça ?
La marque a réagi le jour même, ce jeudi 8 octobre. Elle rappelle sur sa page Weibo officielle que le système de freinage a « fait l’objet d’un développement et d’une vérification complets, conformément à des exigences supérieures aux normes nationales et aux normes industrielles ». Elle assure qu’« aucune défaillance du support de pédale de frein n’a été constatée en conditions réelles d’utilisation » depuis les premières livraisons.
Elle juge les conditions du test extrêmes et non standards, sans reconnaître de défaut. Maextro promet tout de même de revoir la pièce, pour garder une marge de sécurité même dans ces conditions. « Nous allons optimiser davantage la conception de ce composant et proposer des options de mise à niveau gratuites aux utilisateurs ayant déjà reçu leur véhicule. »
La marque s’engage aussi : « Nous allons procéder à un examen systématique et à un renforcement de la vérification de la conception, des limites des tests et de la gestion de la qualité de la production des composants co