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Actualité : “Le risque politique doit rester sur Microsoft plutôt que de migrer sur du libre” : comment la France veut quitter Windows d’ici à 2030
Associations, spécialistes, acteurs et actrices de la société civile ont été conviés à l’Assemblée nationale ce 7 octobre pour établir un plan d’attaque afin de sortir les administrations et le grand public de Windows d’ici quatre ans. Nous y étions.
© HJBC - Shutterstock / Les Numériques - La France est-elle prêt pour un bond vers le libre ?
Le constat est là et maintenant quoi ? Voilà en somme la question qu’a posée l’association Alternatiba à propos de notre dépendance aux géants du numérique. En s’appuyant sur le travail effectué par la commission d’enquête sur nos vulnérabilités et dépendances numériques, le collectif a réuni dans une petite salle de l’Assemblée nationale des représentants et représentantes du monde du libre pour tenter de trouver une voie de sortie à notre dépendance au GAFAM.
Plus précisément, c’est la dépendance à Windows, "car il faut bien commencer quelque part", qui a été le sujet de trois heures de débat chapeauté par Cyrielle Chatelain (Écologiste et social) et Philippe Latombe (Modem). Le but de cette session de travail ? Trouver des mesures concrètes et efficaces à mettre en place rapidement pour s’émanciper du système d’exploitation de Microsoft d’ici à 2030.
Si "une fenêtre politique et médiatique s’ouvre sur l’urgence collective de s’émanciper des GAFAM", le calendrier politique est aussi dominé par une élection présidentielle qui va compliquer les projets politiques à long terme. De l’aveu même de Philippe Latombe, la "bande passante législative" risque d’être limitée dans les prochains mois.
Ont donc été conviés des représentants de l’April, deBack Market, de Halte à l’Obsolescence Programmée, de la Quadrature du Net, mais aussi d’Emmaüs Connect ou du collectif NIRD qui œuvre pour la démocratisation du logiciel libre au sein des établissements scolaires. De cette tempête de cerveaux ont surnagé quelques idées qui devraient, idéalement, faire l’objet d’une proposition de loi à plus ou moins long terme.
La première, portée par l’April, est de remettre en question la vente liée qui fait qu’un ordinateur neuf est constamment vendu préinstallé sous Windows. "C’est un danger pour l’informatique", défend Etienne Gonnu, chargé de plaidoyer. L’association voudrait forcer les constructeurs et les revendeurs à non seulement proposer des ordinateurs sans système d’exploitation, mais aussi à afficher le prix de la licence Windows à côté du prix de l’ordinateur.
Temps de travail à l’Assemblée nationale porté par Alternatiba, Cyrielle Chatelain et Philippe Latombe
Craignant que le logiciel libre soit "encore perçu comme un truc de geek", Alexandre Tanay de chez Back Market défend plutôt la possibilité de garantir l’accès à un OS libre une fois le suivi logiciel des grandes entreprises terminé. Une manière de "détruire les peurs sur le sujet" du libre plus graduellement. Du côté de la Quadrature du Net, on propose de "libérer le code de l’OS ou la documentation qui permet de faire du code libre sur le matériel" une fois la machine ou son logiciel abandonné.
"On a une bataille à mener pour faire rêver avec le logiciel libre", explique Etienne Gonnu qui y voit un moyen de "réinjecter de la démocratie, réparer, partager, bref, politiser le sujet". Et pour ce faire, rien de mieux que de revenir à une initiative vieille comme l’open source elle-même : l’éducation au logiciel libre. Bien conscients que l’idée est un poncif quelque peu éculé, les participants et participantes militent pour une réinvention du concept.