// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
« Je me suis dit que ça pouvait être des extraterrestres » : l’Australie enquête sur de mystérieuses sphères sur ses plages
Les débris spatiaux peuvent poser un véritable risque lorsqu'ils retombent dans l'atmosphère et qu'ils peuvent heurter la Terre. Des chercheurs ont testé une nouvelle méthode pour les suivre en temps réel, et elle implique des détecteurs de séismes qui pourraient capter les ondes provoquées par les rentrées atmosphériques.... Lire la suite
Journaliste, télépilote professionnel de drones et réalisateur de documentaires
Six sphères métalliques ont été retrouvées depuis vendredi sur une plage isolée du Queensland en Australie. L'Agence spatiale australienne (ASA) planche sur la provenance de ces étranges objets. De quoi interroger le voisinage qui aime à imaginer qu'elles ne proviennent pas de la Terre. La réalité est plus banale.
Des plages bouclées, des pompiers en combinaison anti-chimique et de mystérieuses sphères métalliques échouées sur le sable dans le Nord-Est de l'Australie dans le Queensland qui interrogent. Météorites, engin extraterrestre, débris militaire ou restes de fusée ?
Après un premier signalement vendredi dernier, les pompiers du Queensland dénombraient six de ces objets. Ce qui est certain, c'est que ces sphères proviennent de l'espace, puisque l'ASA, l'agence spatiale australienne, a confirmé être en lien avec ses partenaires internationaux pour identifier l'origine de ces débris.
Selon le média 7news.com.au, les habitants du Queensland n'ont pas été avares de commentaires sur ces débris spatiaux potentiellement dangereux dont ils se sont approchés. Ignorant les risques, l'un d'eux a même déclaré : « C'était plutôt cool, je me suis dit que ça pouvait être des extraterrestres ou un truc du genre ».
Mais l'hypothèse la plus probable, c'est qu'ils proviennent d'une fusée. Ils ressemblent beaucoup aux réservoirs des étages d'un lanceur. C'est en tout cas, ce que suppose Alice Gorman, archéologue spatiale à l'Université Flinders. Interrogée par The Guardian, cette dernière qui travaille sur les débris spatiaux a relevé l'absence de traces de combustion typiques d'un retour dans l'atmosphère. Cela suggère, qu'un étage de lanceur, sans doute le premier ou le second, est retombé avant la mise en orbite de sa charge utile. En se désintégrant, il aurait libéré ses réservoirs sphériques en alliage de titane surnommés « space balls » par les experts du secteur.
Les débris spatiaux peuvent poser un véritable risque lorsqu'ils retombent dans l'atmosphère et qu'ils peuvent heurter la Terre. Des chercheurs ont testé une nouvelle méthode pour les suivre en temps réel, et elle implique des détecteurs de séismes qui pourraient capter les ondes provoquées par les rentrées atmosphériques.... Lire la suite
Très résistants et doté d'un très haut point de fusion, ces réservoirs disposent d'une forme sphérique, car c'est ce qui permet de répartir au mieux la pression interne. Cette forme encaisse également mieux les contraintes aérodynamiques. Le problème, c'est qu'il est probable que du carburant hautement toxique comme l'hydrazine soit encore dans ces sphères. En conséquence, les autorités ont instauré un périmètre de sécurité de 50 mètres et fermé la plage au public, le temps d'assurer la sécurisation de ces objets.
Ce scénario n'a toutefois rien d'inédit : l'an dernier déjà, un dôme métallique échoué en Australie-Occidentale avait été attribué par l'Inde à l'une de ses fusées PSLV. Il faut également ajouter que plus de 30 000 gros objets orbitent aujourd'hui autour de la Terre actuellement, et les retombées s'accélèrent à mesure que les lancements se multiplient, plus nombreux ces cinq dernières années que sur tout le reste de l'histoire spatiale !