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Actualité : “J’ai pleuré” : ce grand mathématicien français a vu l’IA d’OpenAI revendiquer la solution de seize problèmes qu’il étudiait
En une seule mise en ligne, OpenAI affirme avoir résolu des centaines de problèmes restés ouverts, parfois depuis des décennies. Seize d'entre eux occupaient le mathématicien français Hugo Duminil-Copin, qui juge son domaine de recherche "annihilé". Deux jours plus tard, il a confié à ses pairs ce que cette nuit lui a coûté, et ce qu'il compte faire des milliers de pages qui l'attendent.
© IHES / Marie-Claude Vergne - Hugo Duminil-Copin, médaille Fields 2022, lors d’un cours sur les modèles de spins et l’aimantation, son terrain de recherche.
Mardi 6 octobre 2026, OpenAI a déposé sur GitHub 719 manuscrits rédigés par un modèle interne jamais commercialisé, regroupés en 372 familles de résultats. L'entreprise dit lui avoir soumis environ 4 000 problèmes, chaque résultat ayant mobilisé en moyenne l'équivalent de trois heures de calcul de ChatGPT Pro.
Jeudi 8 octobre, Hugo Duminil-Copin, 41 ans, médaille Fields 2022, professeur à l'IHES et à l'Université de Genève, a pris la parole au séminaire en ligne "Math & IA à Midi" de la Société mathématique de France.
Mardi, dans la nuit, j'ai pleuré et cela a réveillé ma fille.
Le spécialiste des probabilités et de la physique statistique estime son domaine "annihilé", rapporte Le Monde : seize de ses questions de prédilection figurent dans le lot.
Cédric Villani, médaille Fields 2010, y voit pour sa part le "changement le plus radical en mathématiques depuis au moins quatre siècles". Interrogé jeudi sur France Inter, il évalue la moisson à une douzaine de médailles Fields.c
Ces démonstrations restent des affirmations à contrôler. OpenAI reconnaît qu'environ 42 % seulement des résultats principaux s'accompagnent d'une vérification formelle en Lean, le logiciel qui valide une preuve ligne à ligne, et que les autres peuvent contenir des erreurs. Trois articles au moins ont déjà été retirés, d'après Fortune.
Le chercheur va s'atteler aux plus de 3 500 pages générées sur ses objets d'étude. "Je n'ai pas très envie de lire ces preuves", admet-il. Elles n'ont pas la saveur d'un texte écrit par des collègues dont il connaît le visage. Il s'y pliera pour montrer ce qui revient encore aux mathématiciens : comprendre, digérer, transmettre.
OpenAI promet de financer ateliers et conférences pour aider la communauté à assimiler ces résultats, et dit consulter un groupe indépendant hébergé à l'Institute for Advanced Study de Princeton.