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Aux États-Unis, des adolescents vendent des armes aux cartels mexicains
En Arizona, à la frontière avec le Mexique, des jeunes gagnent beaucoup d'argent en vendant des armes aux cartels de la drogue.
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Une journaliste du New York Times a rencontré les Phoenix Boys, un groupe de quatre jeunes gens, âgés de 16 à 19 ans. Comme des entrepreneurs, ils parlent fournisseurs, marges et logistique. Ces adolescents font beaucoup d’affaires avec le cartel mexicain de Sinaloa, sans toutefois en être membres.
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Un des membres du groupe a commencé à vendre des armes à 14 ans. Il dit gagner au minimum 4 000 ou 5 000 dollars par mois, ce qui n'est pas étonnant, quand le prix de revente est le double de celui d’achat. Avec cet argent, il a acheté un chien à 5 000 dollars, ou un bouquet de roses à 1 000 dollars pour l’une de ses petites amies. Quand on lui demande s’il sait à quoi servent ces armes, il répond que ce n’est pas son problème, tant que lui gagne de l’argent.
Les Phoenix Boys se procurent des armes de différentes façons. D'abord, en les achetant légalement. À partir de 18 ans, c'est simple en Arizona, où la législation n'est pas très stricte, et où acheter des armes de particulier à particulier ne laisse quasiment pas de trace. Ces adolescents ont progressivement bâti un réseau de lycéens, pour varier les acheteurs. Ils peuvent aussi voler des armes, à leurs parents, chez des particuliers, ou dans des voitures.
La technologie fluidifie ce genre d’opérations. Les armes se vendent en ligne, via des messageries cryptées comme WhatsApp ou Telegram, grâce à des messages envoyés parfois entre deux heures de cours. Les Phoenix Boys utilisent parfois des faux billets - des accessoires de cinéma - pour régler certains de leurs achats. Il leur arrive aussi de payer d’autres lycéens pour transporter les armes de l’autre côté de la frontière. Des membres du cartel viennent ensuite les récupérer à un point de rendez-vous.
Le phénomène est très répandu. Un ancien enquêteur spécialiste du trafic d’armes confie au New York Times qu’il y avait quasiment toujours un adolescent impliqué dans les affaires qu’il a traitées. Entre 2017 et 2021, un tiers des trafiquants suivis par les autorités avaient moins de 25 ans, 5% moins de 17 ans. Environ 500 000 armes à feu venant des États-Unis passeraient chaque année la frontière avec le Mexique, des armes qu'on retrouve souvent mêlées aux violences perpétrées dans le pays.
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