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Actualité : Jusqu’à 200 € de plus pour passer son permis de conduire, les auto-écoles répercutent la hausse du prix des carburants sur leurs élèves
Les prix à la pompe en 2026 frappent aussi de plein fouet les auto-écoles, désormais prêtes à répercuter ces frais supplémentaires sur le prix du permis de conduire.
© BreizhAtao/Shutterstock - La hausse du prix des carburants force les auto-écoles à augmenter le prix du permis de conduire, l’électrification n’est pas la solution à ce problème pour le moment.
Alimentée par les tensions au Moyen-Orient, l’explosion des prix du carburant impacte de nombreuses professions, dont les auto-écoles. Avec des flottes automobiles qui parcourent souvent entre 45 000 et 60 000 km par véhicule chaque année, l’augmentation du prix du litre pèse lourd dans les comptes. Face à cette situation, de nombreux gérants n’ont d’autre choix que de répercuter cette hausse directement sur le coût de la formation au permis de conduire.
Selon plusieurs gérants interrogés par l’AFP, les dépenses en carburant auraient progressé de 30 à 40 % depuis le début de la crise. Une situation qui pousse logiquement certaines auto-écoles à ajuster leurs tarifs. À Rennes, un établissement a été contraint d’augmenter son taux horaire de 52 à 55 €, ajoutant près de 90 € sur un forfait classique de trente heures.
À l’échelle nationale, l’ECF (École de conduite française) estime que la hausse pourrait atteindre 150 à 200 € sur un forfait actuellement facturé autour de 1 600 €, soit une augmentation de 9 à 12,5 %. Un obstacle supplémentaire pour les jeunes candidats, alors que le permis représente déjà un budget conséquent.
Pour ne rien arranger, cette inflation tarifaire intervient dans un climat tendu. Le manque structurel de places d’examen (1,567 million de créneaux en 2024 contre 2,19 millions jugés nécessaires pour 2025) rallonge dramatiquement les délais de passage. Certains candidats patientent près de 80 jours avant de pouvoir repasser leur permis, ce qui les oblige à financer des heures de conduite supplémentaires pour maintenir leur niveau.
Pour limiter les frais, l’électrification des parcs semble être une solution toute trouvée, bien que coûteuse. Elle se heurte d’ailleurs à un obstacle de taille : l’infrastructure. En effet, beaucoup d’établissements ne disposent pas de places de stationnement équipées de bornes de recharge, une installation pourtant vitale pour des véhicules qui doivent enchaîner les leçons et rester disponibles tout au long de la journée.
D’un autre côté, le permis sur boîte automatique séduit de plus en plus, passant de 6,73 % des candidats en 2019 à 22,14 % en 2025. Cette formule a l’avantage d’être plus économique, puisqu’elle n’exige que treize heures de formation contre vingt pour une transmission manuelle.
Cependant, la boîte manuelle représente encore près de 80 % des permis obtenus. Un apprentissage incompatible avec les motorisations 100 % électriques, qui sont par nature équipées de transmissions automatiques. L’électrique ne peut donc pas remplacer du jour au lendemain l’ensemble des flottes de formation, tant que la demande pour la boîte manuelle restera aussi forte.
Entre l’envolée du carburant, la pénurie de places d’examen et une électrification complexe, les auto-écoles cumulent les défis. Une pression financière dont la facture sera inévitablement payée par les candidats tôt ou tard.