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Tirs dans un collège à Aubagne : "Je croyais qu'il allait me tirer dessus, que j'allais mourir", raconte un élève témoin de l'attaque
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Pascal Doucet-Bon
L'enquête sur le collégien accusé d'avoir tiré sur le proviseur et une enseignante d'un établissement à Aubagne, près de Marseille (Bouches-du-Rhône), se poursuit, mercredi 14 octobre. Sa garde à vue terminée, il a été transféré à Paris pour être présenté à un juge antiterroriste. Sur place, l'émotion est encore très vive.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Deux élèves en classe de cinquième viennent rencontrer les psychologues de la cellule d'écoute. Il y a deux jours, ils ont assisté de très près à la fusillade qui a fait deux blessés dans leur établissement, à Aubagne (Bouches-du-Rhône). "Au moment où on sort, on le voit courir, il s'arrête et il tire devant ma classe à au moins trois mètres. On s'est dit : 'Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi il y a un élève qui se met à vouloir tuer des gens ?'", raconte l'un d'eux. Le second ajoute : "Il est passé devant nous, il a tiré une balle sur le sol. J'ai eu très peur, très très peur. Je croyais qu'il allait me tirer dessus, que j'allais mourir."
Recueillir la parole des collégiens, des personnels choqués, c'est la mission de la cellule installée au collège Lakanal d'Aubagne. Dans la panique, beaucoup n'ont pas réalisé sur le moment qu'un élève avait tiré au fusil de chasse dans les couloirs. "Moi, je suis très stressée, je ne comprenais pas ce qui se passait, j'avais peur. Au début, on ne pensait pas que c'était vraiment un vrai pistolet, du vrai sang et tout. J'attends de pouvoir enfin lâcher mes émotions, de pouvoir parler à des personnes qui sont expertes", confie une jeune élève.
Ghislaine Ravel, maman d'élève, est venue accrocher des messages de soutien à l'équipe pédagogique. Sa fille a été prise en charge dès le premier jour et parler lui a fait du bien. "C'est important, parce que nous, parents, des fois on n'a pas les mots, on peut minimiser, maximiser, mettre trop d'émotions… Et eux, ils ont su récupérer, recueillir cette parole et c'est très bien", témoigne-t-elle.
Depuis 48 heures, les professeurs aussi ont pu bénéficier de cet accompagnement. "On est quand même sous état de choc, malgré tout, ça va émerger de plus en plus. Et c'est aussi voir les modalités pour accueillir de nouveau les élèves pour qu'ils soient sécurisés", explique Christophe Canazzi, professeur d'espagnol et délégué FO.
Les élèves reviendront au collège progressivement jeudi et vendredi, seulement pour un temps d'échange. Les cours ne reprendront qu'après les vacances de la Toussaint.
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