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Tirs dans un collège à Aubagne : trois adolescents dans le viseur de l'antiterrorisme
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
Après les tirs d’un adolescent à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, trois jeunes sont dans le viseur de l’antiterrorisme. Les enquêteurs cherchent à déterminer si des échanges sur TikTok, au sein d’une communauté glorifiant les tueries de masse, ont pu favoriser l’émergence d’un projet violent collectif.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Il vient de passer sa première nuit en prison. Pendant 48 heures, face aux enquêteurs, il a dit avoir agi seul et s'est défendu de manière surprenante, comme le confirme son avocat. "Au cours de sa garde à vue, il a indiqué qu'il avait eu soin, lorsqu'il avait tiré, de viser des zones qui n'étaient pas létales, puisqu'il avait dirigé son tir vers les membres inférieurs. Il n'avait pas eu l'intention de tuer, mais seulement de blesser", explique Me Fabrice Giletta.
Le suspect était adepte d'une communauté sur les réseaux sociaux qui glorifient les tueries de masse dans les établissements scolaires, sur TikTok notamment. Et c'est justement sur ce réseau que l'adolescent d'Aubagne (Bouches-du-Rhône) échangeait à plus de 1 000 kilomètres de là, à Armentières, dans le Nord, avec un collégien âgé de 13 ans. Placé en garde à vue dans la soirée du mercredi 14 octobre, il est en classe de quatrième et inconnu des services de police.
Ces échanges TikTok sont-ils allés trop loin ? Les enquêteurs cherchent à savoir si un groupe d'adolescents prêts à passer à l'acte n'avait pas été créé en marge de la communauté des tueries de masse. "C'est une communauté virtuelle sur laquelle les membres versent des podcasts, des vidéos, des audios. Les investigations vont devoir porter sur le fait de savoir s'il était en lien plus direct avec d'autres individus", indique Olivier Christen, procureur du parquet national antiterroriste.
Ce phénomène nouveau qui inquiète les autorités. En juin dernier, déjà en Alsace, un adolescent de 17 ans domicilié à Strasbourg a été interpellé par les services antiterroristes. Il est toujours incarcéré, accusé d'avoir projeté une tuerie de masse dans son lycée.
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