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Actualité : “Assez pour faire six fois le tour du globe” : les déchets électroniques liés à l’intelligence artificielle, l'impensé du débat environnemental sur l’IA
Une association spécialisée dans la gestion des déchets a tenté de faire un inventaire exhaustif des déchets électroniques liés à l’IA. Si le débat écologique autour du sujet se concentre actuellement sur la consommation d’eau et d’énergie, cette étude montre qu’il ne faut pas négliger la fin de vie.
© MartinsSulte // Shutterstock - Les déchets électroniques liés à l'IA, un angle mort ?
En 2022, nos sociétés ont créé 62 millions de tonnes de déchets électroniques, d’après L’ONU. D’ici 2050, cela pourrait se compter en centaines de millions de tonnes avec une bonne partie de ce volume généré directement ou indirectement par l’industrie de l’intelligence artificielle.
C’est ce que révèlent les résultats d’une étude menée par Basel Action Network (BAN), une association étasunienne spécialisée dans l’analyse des déchets. Comme le relève The Verge, ces chiffres viennent percuter les projections actuelles par un facteur de 40 à 60 fois le volume imaginé jusqu’ici.
Le rapport intitulé "La vague toxique de déchets IA à venir" suppose que d’ici à 2030, l’industrie de l’IA pourrait être responsable de 8,6 à 13,1 millions de tonnes de déchets électroniques supplémentaires par an. Entre 2025 et 2050, ces chiffres atteindraient globalement 395 à 617 millions de tonnes, soit suffisamment pour remplir jusqu’à 23 millions de conteneurs et "assez pour faire six fois le tour du globe" si ces derniers étaient mis bout à bout. Cela représenterait à 15 à 20 % du volume de déchets électroniques total.
Le volume de déchets électroniques jusqu'en 2050. En bleu foncé le volume "normal" imaginé par l'ONU, en bleu clair les déchets directs lié à l'IA, en orange la projection optimiste, en rouge la pessimiste.
Pour atteindre ces chiffres saisissants, BAN n’a pas seulement compté les équipements des centres de données stricto sensu. En plus des alimentations, équipements réseau, cartes graphiques et autre disque dur, l’association a tenté de prendre en compte le "halo" de l’IA, qui pourrait pousser les pouvoirs publics et les individus à remplacer du matériel (téléphones, ordinateurs, matériel de télécommunication) pour tirer pleinement parti des possibilités offertes par l’IA. Et pour ne rien arranger, ces déchets pourraient être blindés de PFAS, histoire de rejeter encore un peu plus de polluants éternels sur la planète.
"Si les entreprises et les gouvernements ne commencent pas dès maintenant à se préparer à ce nouveau tsunami de déchets, le développement actuel de l’IA pourrait déboucher sur une crise encore plus catastrophique que celle que nous connaissons déjà", s’inquiète Jim Puckett, responsable chez Basel Action Network, expliquant que "nous ne pouvons déjà pas gérer de manière éthique le volume de déchets électroniques que nous produisons actuellement". Avec quelques millions de tonnes de plus, cela deviendrait donc mission impossible.
"Jusqu’à présent, le débat environnemental autour de l’IA s’est concentré sur l’électricité, le carbone et l’eau, tout en négligeant largement ce qu’il advient du matériel informatique lui-même", regrette BAN. L’association en profite pour tacler la folie financière autour de la bulle de l’IA, notant que les 7000 milliards de dollars qui devraient être injectés dans l’industrie d’ici 2030 suffiraient à annihiler la fin dans le monde pendant 75 ans.
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