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Neuf ans de retard : comment Xiaomi et BYD ont pris de court le Tesla Roadster
En novembre 2017, le Roadster de deuxième génération promettait d’humilier les supercars thermiques : 0 à 96 km/h en 1,9 seconde, 1 000 km d’autonomie, des livraisons en 2020. Neuf ans plus tard, la version définitive dévoilée ce jeudi 15 octobre 2026 au Texas affiche des chiffres encore plus fous, mais elle arrive dans un paysage qui a beaucoup changé. Face à lui, les hypercars électriques les plus en vue sont désormais chinoises, avec trois modèles déjà commercialisés : le Yangwang U9 et la Denza Z, tous deux issus du groupe BYD, et la Xiaomi SU7 Ultra.
Le Roadster lui-même a changé de nature en route : la 2+2 annoncée en 2017 est devenue un biplace, et même un monoplace pour la Rocket. Il se mesure donc à des voitures qui ne jouent pas toutes dans la même catégorie : la SU7 Ultra est une berline quatre portes, la Denza Z un coupé quatre places, et seul le Yangwang U9 est, comme lui, un biplace.
Pour aller plus loin
Tesla annonce son Roadster : 0 à 96 km/h en 0,81 seconde, et la voiture vole vraiment
Tesla décline son Roadster en trois versions. La Performance se contente de ses moteurs, de son aérodynamique active et de ses ventilateurs d’aspiration, qui plaquent la voiture au sol avec une force équivalente à deux fois son poids. Tesla annonce moins de 1,6 seconde de 0 à 96 km/h. La Thrust ajoute quatre propulseurs à air comprimé à l’arrière et descend sous les 0,9 seconde. La Rocket, monoplace et seule capable de voler, promet moins de 0,59 seconde.
À titre de comparaison, la Xiaomi SU7 Ultra annonce 1,98 seconde de 0 à 100 km/h avec ses 1 548 ch, la Denza Z environ 2,3 secondes avec 1 604 ch, et le Yangwang U9 2,36 secondes avec 1 306 ch. La Rimac Nevera R, référence du genre, a été mesurée en 2025 à 1,72 seconde de 0 à 100 km/h et à 1,66 seconde de 0 à 96 km/h : sur cette dernière mesure, celle qu’utilise Tesla, le Roadster Performance ne la devancerait que de quelques centièmes.
Sur le papier, donc, même le Roadster « de base » passe devant tout le monde. Attention toutefois : le seul chiffre montré en public, 0,81 seconde avec propulseurs, a été chronométré par Tesla lui-même, sur une piste improvisée, après plusieurs tentatives. Aucune mesure indépendante n’existe à ce jour. Les chinoises, elles, ont des chronos vérifiables.
La SU7 Ultra a signé un tour du Nürburgring en 7 min 04,957 s en série en 2025, et un prototype est descendu à 6 min 22,091 s. Le Yangwang U9 Xtreme a fait mieux en version de série, avec 6 min 59,157 s : selon BYD, c’est le premier tour sous les sept minutes pour une électrique de production. Un U9 Xtreme a été chronométré à 496,22 km/h sur l’anneau de Papenburg, en Allemagne, en septembre 2025, même si la mesure, réalisée dans un seul sens, n’est pas homologuée comme record officiel.
Côté vitesse de pointe, Tesla annonce plus de 230 mph (environ 370 km/h) pour la seule Rocket, et Elon Musk, patron de Tesla, promet d’« écraser tous les records de piste », sans en avoir battu un seul à ce jour.
Le Roadster a fait le spectacle en décollant, en faisant un demi-tonneau et en sautant plusieurs mètres au-dessus d’un camion. BYD n’avait pas attendu Tesla pour faire décoller une voiture du sol : le Yangwang U9 sait sauter sur place (à quelques centimètres seulement), les quatre roues en l’air, grâce à sa suspension active DiSus-X.
La différence tient à l’usage. Chez BYD, le saut est un effet secondaire d’une suspension qui sert au quotidien, sur route. Chez Tesla, il repose sur 600 litres d’air comprimé stockés dans des réservoirs en carbone, et la version qui vole n’est pas homologuée pour la route.