// CLUBIC — CYBERSECURITY
Évacués de nuit, 300 voyageurs d’un train Transdev ont attendu des heures, retour sur un incident rarissime
Le 9 octobre, une panne électrique près de Fréjus a stoppé plusieurs trains sur la ligne Marseille-Nice, dont deux exploités par Transdev. Au Dramont, environ 300 voyageurs ont été évacués de nuit, avant d’attendre des heures une solution pour rentrer. Nous étions dans ce train. Qui devait prendre en charge les passagers, et pourquoi ont-ils attendu si longtemps ? Notre enquête.
[Enquête Clubic, partie 1] Une panne électrique, puis un train Transdev immobilisé en pleine voie et enfin une évacuation de nuit au bord d'un passage à niveau, sur la ligne Nice-Marseille, la soirée du vendredi 9 octobre a laissé des centaines de voyageurs sur le bas-côté, dont l'auteur de ces lignes. Interrogés par Clubic tout au long de ces derniers jours, Transdev, SNCF Réseau, SNCF Voyageurs et la Région Sud nous racontent chacun leur morceau de l'histoire. Et leurs versions, mises bout à bout, laissent apparaître quelques angles morts. Ce premier volet de notre enquête exclusive retrace ce qui s'est joué sur les rails, mais aussi en coulisses, et qui devait faire quoi. Une belle pagaille.
Il est environ 15h20, le 9 octobre, lorsque le train ZOU ! n°17484, parti de Nice avec une dizaine de minutes de retard, s'arrête en pleine voie à hauteur d'Agay, juste avant Saint-Raphaël, dans le département du Var. À bord, on parle d'une rupture de caténaire. SNCF Réseau, le gestionnaire de l'infrastructure, affine le diagnostic : « L'incident trouve son origine dans un défaut électrique sur un poteau supportant la caténaire. » Selon Transdev, la compagnie qui opérait le train à bord duquel nous avions pris place, trois trains de la ligne sont arrêtés, deux qu'il exploite et un de la SNCF, et « une enquête est en cours côté SNCF Réseau ». SNCF Voyageurs, qui opère d'autres TER, TGV Inoui et OUIGO, évoque « un incident d'importance », dont les réparations ont mordu sur le week-end. Le genre d'incident qui, sur une ligne, ne peut arriver qu'une fois par an, comme nous le dira une autre source.
Les deux trains Transdev transportent chacun environ 300 voyageurs. L'un s'immobilise à quai, en gare de Saint-Raphaël. L'autre, le nôtre, attend sur les voies, où le thermomètre dépasse vite les 30 °C à l'étage de notre voiture, encore en plein soleil, par un beau jour d'automne dans le Sud de la France. Les agents n'ont aucune information à donner, et il faut plus d'une heure pour voir arriver une petite bouteille d'eau et un éventail en carton. Vers 17h45, le train avance jusqu'en gare d'Agay, où l'on nous fait descendre. On nous explique ensuite que nous irons jusqu'à Saint-Raphaël, où des navettes pourraient prendre le relais. Vers 18h, plus de 250 voyageurs remontent à bord et le train repart.
SNCF Réseau évoque d'ailleurs une brève embellie, car « après une première intervention, les circulations ont pu reprendre pendant quelques minutes ». Puis la « descente de voyageurs sur les voies a nécessité une nouvelle interruption du trafic », sans que le gestionnaire précise de quel train il s'agissait, ce qui a « également retardé l'intervention des équipes sur la caténaire ». Chez nous, un gros « boum » retentit peu après le départ, et le train s'arrête au Dramont, à quelques minutes de Saint-Raphaël. Vers 19h, le verdict tombe, avec un « grave problème technique », le train ne repartira pas. Dans sa réponse à Clubic, Transdev n'évoque ni ce bruit ni ce second incident.
L'évacuation commence vers 19h55, avec un peu de marche sur quelques centaines de mètres dans le mythique ballast, où certaines chevilles auraient pu tourner, de nuit, au niveau d'un passage à niveau. Elle ne pouvait intervenir qu'après le « feu vert de SNCF Réseau », en présence de la police et des pompiers, souligne Transdev. C'est ici que les deux trains connaissent des sorts bien différents. « L'ensemble des moyens de substitution dont nous disposions, notamment des cars, ont été engagés pour l'évacuation du premier train », celui de Saint-Raphaël, reconnaît l'opérateur. Pour le Dramont, le nôtr