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L’équivalent de 14 kg de TNT derrière les sièges du Tesla Roadster : pourquoi Elon Musk met lui-même en garde ses clients
Tesla a présenté ce jeudi 15 octobre, près de Waco, au Texas, la version définitive de son nouveau Roadster, et Elon Musk, son CEO, n’a pas cherché à rassurer : « Ce n’est pas forcément une voiture optimisée pour la sécurité », a-t-il lancé sur scène.
En début d’année, dans le podcast Moonshots de Peter Diamandis, il allait plus loin : « Si la sécurité est votre priorité numéro un, n’achetez pas le Roadster », ajoutant que Tesla « aspire à ne tuer personne » avec cette voiture, rapporte TechCrunch.
Le ton est à la plaisanterie, mais la question se pose sérieusement, et elle tient surtout à une pièce : les réservoirs qui alimentent les propulseurs.
Tous les Roadster ne seront pas concernés. Tesla prévoit trois versions à la réservation : la Performance, présentée comme « prête pour la route », se passe de propulseurs et mise sur un système d’aspiration par ventilateurs ; la Thrust, « prête pour la course », ajoute des propulseurs à gaz froid à l’arrière pour passer sous la seconde de 0 à 96 km/h ; la Rocket, « prête pour les airs » et la seule capable de voler, en compte dix répartis autour de la carrosserie.
Une version de base, sans aspiration, est encore en développement. La Thrust se contente d’un réservoir de 200 litres, et la Rocket en ajoute un second de 400 litres, ont précisé les ingénieurs de Tesla. Pas de prix pour l’instant, mais des réservations ouvertes : 50 000 euros pour la Performance, 250 000 euros pour la Thrust, la Rocket étant accessible sur invitation seulement.
Les propulseurs du Roadster ne brûlent rien. Ce sont des propulseurs à gaz froid, une technologie reprise de SpaceX : un gaz stocké à très haute pression s’échappe par des tuyères, et la réaction pousse la voiture.
Le premier réservoir, présent sur la Thrust comme sur la Rocket, est une grosse sphère noire en fibre de carbone, « de la taille d’un ballon de gym », placée dans le coffre, juste derrière les deux sièges. Le second, réservé à la Rocket, prend la place du siège passager : c’est pour cela que la version volante n’a qu’une place. Sur X, la marque affirmait que « chaque vide utilisable » de la voiture est rempli de ces réservoirs.
Ces réservoirs portent un nom barbare : COPV, pour composite overwrapped pressure vessel. Une fine enveloppe intérieure, souvent métallique, assure l’étanchéité ; un enroulement continu de fibres de carbone encaisse la pression. C’est la même famille que les réservoirs d’une Toyota Mirai ou les bouteilles d’air des pompiers.
Sur scène, Lars Moravy, vice-président ingénierie de Tesla, a parlé de 600 litres d’air comprimé au total, soit « environ 250 kilos d’air ». Devant les caméras de Hagerty, il est plus précis : le gaz est de l’azote. Il compose près de 80 % de l’air, et Tesla ne voulait pas mettre de carburant dans une voiture.
Moravy donne aussi la pression maximale : les réservoirs peuvent monter à 10 000 psi, soit environ 690 bars, comme dans une voiture à hydrogène. L’écran de piste visible sur les photos officielles affichait 5 500 psi (environ 380 bars) pour les propulseurs.