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L'ARCOM exige des réponses au « OnlyFans français » sur le contrôle de l'âge de ses utilisateurs
L'autorité de régulation du numérique, l'ARCOM, a ouvert une enquête sur Mym, la plateforme française de contenus exclusifs souvent comparée à OnlyFans. Le régulateur soupçonne des manquements au DSA, notamment sur le contrôle de l’âge et la protection des mineurs.
L'ARCOM a ouvert une enquête sur Mym, soupçonnée de manquer aux règles européennes en matière de contrôle de l'âge et de transparence. Le régulateur l'a annoncé le vendredi 16 octobre, au terme d'une première analyse de cette plateforme née en 2019 et souvent présentée comme la cousine tricolore d'OnlyFans. Mym a quinze jours pour fournir des réponses, avec deux questions en toile de fond. L'autorité se demande si les mineurs ne peuvent pas s'y glisser trop facilement, et si on sait vraiment comment fonctionne sa vitrine.
Le premier souci, et pas des moindres, c'est celui de la protection des mineurs. L'ARCOM s'interroge notamment sur les « modalités » et l'« activation » du contrôle de l'âge. Derrière ces deux mots, il y a deux interrogations. D'abord, comment Mym s'assure-t-elle que ses utilisateurs sont majeurs ? En France, pour des contenus pour adultes, déclarer une date de naissance ne suffit plus, puisqu'il faut une méthode fiable, comme le recours à un tiers de confiance. Ensuite, ce contrôle se déclenche-t-il vraiment, pour tout le monde et avant l'accès aux contenus sensibles ? Un verrou n'est utile que s'il est solide et bel et bien fermé.
Si le sujet est si sensible, c'est que l'ARCOM décrit elle-même Mym comme un réseau social donnant accès à des contenus exclusifs et personnalisés, le plus souvent érotiques, voire sexuels. Mais pourquoi est-ce elle qui mène l'enquête ?
Depuis 2024, le règlement européen sur les services numériques (RSN, ou DSA en anglais) impose des règles communes à toutes les plateformes en ligne en Europe, de la lutte contre les contenus illicites à la protection des plus jeunes. Chaque pays désigne un gendarme pour surveiller les plateformes installées chez lui. En France, ce rôle revient à l'ARCOM depuis la loi SREN de mai 2024.
Ensuite, il y a la question de la transparence. L’ARCOM pointe d’abord des conditions générales d’utilisation incomplètes. Ce règlement, que chacun accepte en s’inscrivant, doit pourtant dire clairement ce qui est permis, ce qui est interdit et comment la plateforme fonctionne. Le régulateur relève aussi un manque d’explications sur les systèmes de recommandation, en gros les algorithmes qui décident quels profils et contenus s’affichent à l’écran. Le DSA oblige en effet les plateformes à dévoiler les grands critères de ce tri. Sur Mym, où être vu, c’est être payé, il y a un vrai enjeu. Et le petit « etc. » du communiqué de l'autorité rappelle que la liste n’est pas close.
Pour y voir clair, l'ARCOM a adressé à Mym, le 14 octobre, une demande d'informations. Il s'agit d'une sorte de questionnaire officiel, auquel la plateforme doit répondre sous quinze jours, soit aux alentours du 29 octobre. Rien n'est tranché pour autant, puisque l'enquête doit justement établir si les soupçons sont fondés. Mais l'exercice n'est pas facultatif. Le DSA prévoit deux niveaux d'amende, jusqu'à 1 % du chiffre d'affaires mondial si la plateforme ne répond pas, ou de façon incomplète ou trompeuse, et jusqu'à 6 % si un manquement est avéré. On parle de plafonds, pas des montants automatiques. L'ARCOM, elle, promet de continuer à exiger des plateformes plus de transparence et une vraie protection de leurs utilisateurs, notamment des enfants.