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Témoignages. "Je n'ai plus confiance en la sécurité de mon pays" : le désarroi des commerçants parisiens après les violences du 17 octobre
Vitrines brisées, stocks dérobés, boutiques saccagées... À Paris, autour de la place de la République, les traces des violences du week-end du 17 et 18 octobre sont encore visibles. Pour de nombreux commerçants, le bilan est lourd. Certains craignent de ne pas pouvoir rouvrir.
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Sur le boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement de Paris, les stigmates des pillages sont encore bien visibles lundi 19 octobre, malgré les camions de nettoyage qui sillonnent le quartier. Des vélos calcinés se dessinent sur le bitume alors que des baies vitrées entières ont été arrachées. Plus de 3 000 magasins ont été pillés dans toute la France, des boutiques ont été entièrement détruites.
Des objets volés lors des pillages du 17 octobre revendus en ligne, les plateformes Vinted et Leboncoin assurent appliquer une "tolérance zéro"
Optical City, un vendeur de lunettes sur le boulevard parisien, fait partie des commerces pris pour cible. Le rideau de fer est à moitié démonté. "Tout a été complètement saccagé, détruit, raconte Maxime, le gérant. On a l'impression que c'étaient des experts parce qu'ils ont vraiment ciblé tous les produits qui avaient de la valeur : les montures de marque, les lunettes de vue de marque. Ils ont réussi à faire la différence entre les modèles factices et les modèles réels, ce qui fait qu'ils sont restés longtemps à l'intérieur."
"Hier soir, ils sont revenus précisément pour un seul motif : il fallait arracher les caméras. Ils ont compris qu'ils avaient été filmés lors de leur premier passage. Ce coup-ci, ils n'ont même pas cherché à voler."
Maxime a commencé à faire les comptes : 80 000 euros de dégâts, 40 000 euros de stocks volés, le tout sous l'œil de ses caméras de surveillance. "On voyait 15 ans de travail partir en fumée devant nous, sous nos yeux, se souvient-il. On n'a pas pu dormir de la nuit. On ne mange plus depuis deux jours. Je ne vais pas remettre de stock, je vais juste fermer mon magasin et je vais attendre les aides des pouvoirs publics." Ce commerçant attend du gouvernement qu'il lui vienne en aide financièrement "pour pouvoir tenir face aux charges". Il a un "loyer très cher" et "une salariée", met-il en avant. "Je veux reprendre mon activité le plus rapidement possible, assure-t-il. Je ne peux pas remettre du stock dans ces conditions-là. "Je n'ai plus confiance ni en la sécurité de mon magasin, ni en la sécurité de mon pays.""
De l'autre côté du boulevard, une autre petite boutique a été vandalisée, celle d'un vendeur et réparateur de téléphone. "Ils ont tout cassé. Donc, on est en train de tout jeter", explique le responsable de la boutique. On lui a volé "une centaine" de téléphones. "Ils ont même volé les téléphones des clients qui étaient en réparation", précise-t-il. Il n'a pas encore calculé précisément, mais il évalue le préjudice à "50 000 ou 70 000 euros". "J'ai une assurance classique, je ne pense pas que je serai tout couvert, il y a trop de casse, estime-t-il.
"On m'a dit de ne pas faire les travaux tout de suite parce qu'il y a une autre manifestation qui arrive, puis encore une autre en novembre."
Pour essayer de relancer leur activité sans attendre les éventuels soutiens financiers, certains commerçants lancent des cagnottes en ligne. "Cette boutique, je l'ai ouverte il y a un an. Aujourd'hui, elle est complètement détruite, complètement pillée. Il n'y a plus rien dedans. On a besoin de votre soutien", explique, dans une vidéo, Caroline, la fondatrice et dirigeante de la boutique Je Suis À Vélo. "On vend des casques de vélo, des éclairages, des sonnettes, des antivols, des sacoches, détaille Caroline. On avait un vélo électrique en exposition. On a 50 000 euros de stock qui ont été volés. On est assurés à hauteur de 42 000 euros. En revanche, on n'est pas couverts pour la perte d'exploitation, ce que vous perdez pour chaque jour où le magasin est fermé. La cagnotte nous permet d'avancer les fonds et