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Par crainte de nouveaux pillages samedi prochain, des commerçants se préparent à se défendre : "On a pensé rester là, dans le magasin", confie l'un d'eux
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
À Créteil Soleil, dans le Val-de-Marne, la crainte de nouvelles émeutes a suffi à provoquer un mouvement de panique et la fermeture du centre commercial ce mardi après-midi. Pour les commerçants, difficile de reprendre normalement le travail. Certains se barricadent, d’autres s’équipent de bombes lacrymogènes ou font appel à un maître-chien. Tous cherchent comment protéger leur commerce par tous les moyens si les pillages recommencent. Nous les avons rencontrés.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Grilles baissées, boutiques fermées. En plein après-midi, Créteil Soleil, centre commercial du Val-de-Marne en région parisienne, est évacué après un mouvement de foule. Une fausse alerte cette fois-ci, mais la tension reste au maximum, quatre jours après des scènes de pillages et de commerçants parfois seuls pour défendre leurs magasins.
À Paris, samedi, des casseurs pénètrent dans une boutique. "Ils ont tout cassé. Il n'y a plus rien, plus rien. Il n'y a plus rien, les gars", entend-on se désoler Yannick Bitton, gérant du magasin Boxing Shop, sur une vidéo du saccage. Du matériel sportif et de boxe, des pertes que le commerçant continue d'évaluer. Il redoute, depuis, les prochaines nuits et commence à s'organiser avec des amis. "On a pensé se regrouper, rester là, dans le magasin. On ne va pas appeler ça de la milice, mais oui. L'État, sur deux soirs d'affilée, il a failli. Il n'était pas là quand on avait besoin de lui", confie-t-il.
À Toulouse (Haute-Garonne), même traumatisme d'une rue piétonne. À l'intérieur d'un magasin, plusieurs caméras de vidéosurveillance. Mais ça ne suffira pas pour le gérant, qui pour se protéger, a investi. "Dans une bombe lacrymo. Le but, ce n'est pas d'en arriver là, mais on ne sait jamais. Parce que c'était vraiment la guérilla", explique Benjamin Akrich, commerçant - La Boîte à pulls.
Ce week-end, avec d'autres commerçants, ils ont fait un choix : faire bloc. Des groupes se forment, selon un vendeur, qui souhaite rester anonyme : "On va se mettre à 15 ou 20 personnes, à circuler un peu dans la rue, se mettre devant les boutiques si jamais il y a des regroupements. Et puis au bout d'un moment, 15, 20 personnes, ça dissuade plus que trois, quatre personnes dans une boutique."
D'autres, au contraire, par peur des violences, ne resteront pas sur place. Comme l'un d'eux, qui compte fermer sa boutique dès vendredi soir pour ne pas revivre la même chose que la semaine dernière. Ce soir, le ministre de l'Économie se veut rassurant et promet que l'État protégera les commerces.