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Cette fois, le satellite russe Kosmos 2612 s’approche à 500 mètres d’un satellite américain en orbite
Le satellite militaire russe Kosmos 2612 a passé cinq jours à tourner autour d'un satellite radar américain que l'armée ukrainienne utiliserait pour son renseignement. Au plus près, les deux engins n'étaient plus qu'à 500 mètres l'un de l'autre d'après LeoLabs, et d'autres observateurs parlent de quelques dizaines de mètres.
Nous avons laissé Kosmos 2612 à 5 kilomètres d'ICEYE-X36, le 16 octobre. L'engin russe a continué à manœuvrer jusqu'au 19, en passant tour à tour devant et derrière le satellite radar, selon LeoLabs. Cette entreprise américaine suit les objets en orbite basse grâce à un réseau de radars au sol. « C'est l'approche non coopérative la plus avancée et potentiellement la plus dangereuse que nous ayons observée », a déclaré Adam Marsh, vice-président de LeoLabs. Jamais un satellite n'avait approché ainsi un autre satellite actif en orbite basse sans l'accord de son propriétaire, d'après l'astrophysicien Jonathan McDowell. Les spécialistes ne sont pas d'accord sur la distance minimale, et une panne d'ICEYE-X36 serait presque impossible à imputer à Moscou.
Les spécialistes cités par l'AFP évoquent moins d'une centaine de mètres au matin du 18 octobre, et le média ukrainien Militarnyi 26 mètres. Marco Langbroek enseigne la surveillance optique de l'espace à l'université de technologie de Delft, aux Pays-Bas, et suit Kosmos 2612 depuis le printemps. Il a mis en garde contre ces valeurs trop précises, dans un message publié sur X. « Des valeurs comme "26 mètres" citées par certains ont très peu de valeur réelle », a-t-il écrit.
Les observateurs indépendants calculent la position des satellites à partir d'éléments orbitaux publics, diffusés par l'armée américaine. Pour le chercheur, la marge d'erreur de ces calculs est nettement supérieure à 26 mètres. Si un satellite allume son moteur entre deux mises à jour, la position calculée est fausse, et Kosmos 2612 a justement multiplié les petites poussées autour du moment où il s'est le plus approché. Les équipes de LeoLabs ont relevé ces corrections de trajectoire répétées pendant toute l'opération, car l'engin russe cherchait à rester près du satellite radar au lieu de le croiser une seule fois.
Dans les calculs de Marco Langbroek, l'orbite d'ICEYE-X36 n'a pas bougé. Aucune collision n'est donc visible dans ces données, mais seuls les utilisateurs du satellite radar peuvent dire s'il fonctionne toujours.
ICEYE est née en Finlande, mais ICEYE-X36 est exploité par sa filiale américaine, ICEYE US, et a décollé en mars 2024 de la base de Vandenberg, en Californie. Les États-Unis sont donc l'État de lancement du satellite au sens du droit spatial, rappelle Victoria Samson, directrice de la sécurité spatiale à la Secure World Foundation. Marco Langbroek ajoute que des Ukrainiens pourraient aujourd'hui posséder ou louer l'engin. ICEYE a élargi en janvier sa coopération avec le ministère ukrainien de la Défense, sans jamais dire quels satellites travaillent pour Kiev. Si ICEYE-X36 tombait en panne, la coïncidence serait très suspecte, mais il serait difficile de prouver la responsabilité de Kosmos 2612, prévient le chercheur néerlandais.
Les manœuvres de mai, quand plusieurs satellites lancés avec Kosmos 2612 ont rejoint le plan orbital d'ICEYE-X36, sont mentionnées dans un document de la Force spatiale américaine sur les menaces spatiales. Le secrétaire de l'US Air Force, Troy Meink, a reconnu en septembre que les États-Unis disposaient d'armes de contrôle spatial en orbite pour défendre leurs intérêts. Aucun responsable américain n'a en revanche commenté la poursuite d'ICEYE-X36, et Victoria Samson ne comprend pas ce silence. « Je me demande pourquoi le gouvernement américain est resté silencieux sur cette affaire », a-t-elle confié.
Le CSIS est un centre de réflexion américain consacré aux relations internationales. Clayton Swope, directeur adjoint de son programme de sécurité aérospatiale, a appelé les États-Unis et l'Europe à décider dès maintenant de leur réponse si