// FRANDROID — MOBILE & WEB
Un développeur réussit l’impossible : faire tourner le vrai iOS sur un Android grâce à l’IA
Les lanceurs d’applications et les thèmes qui imitent iOS ne manquent pas sur Android. Icônes arrondies, Centre de contrôle imité au pixel près, horloge géante sur l’écran de verrouillage : l’illusion fonctionne jusqu’au premier passage dans les paramètres, où l’interface Android reprend immédiatement ses droits.
Le Redmi qui fait le tour de X depuis le 18 octobre ne joue pas dans cette catégorie. Lorsqu’on ouvre ses Réglages, c’est bien la véritable application d’Apple qui s’affiche, et qui présente le téléphone comme un iPhone X sous iOS 16.7.16.
Cette vidéo de deux minutes et demie, vue plusieurs millions de fois, présente ios-topaz, un projet publié sur GitHub par le développeur Makr. Il s’agit d’un portage d’ios-sweet, un projet distinct de l’équipe dipa studio, qui faisait déjà démarrer iOS 16 sur un Redmi Note 10 Pro.
Makr n’en est pas à son premier portage sur ce smartphone. Avec un autre projet publié sur GitHub, topaz-woa, il fait déjà démarrer Windows 11 pour processeurs ARM sur le même Redmi Note 12 4G. Début octobre, le bureau de Windows s’affichait, avec l’écran tactile et le stockage fonctionnels.
Makr fait tourner directement XNU, le noyau d’iOS et de macOS dont Apple publie une partie du code en open source, sur la puce Snapdragon 685 du Redmi, un smartphone lancé en France en mars 2023 à partir de 199,90 euros.
Le développeur y greffe ensuite le système officiel de l’iPhone X, à quelques ajustements près. Aucun émulateur n’intervient. Les services système et SpringBoard, le gestionnaire de l’écran d’accueil d’Apple, s’exécutent nativement après environ trois minutes de démarrage. Makr indique avoir ajouté la prise en charge du Wi-Fi (réseaux WPA2) ce mardi 20 octobre.
Le chemin inverse est balisé depuis longtemps. Dès 2010, le projet iDroid faisait démarrer Android sur les premiers iPhone, suivi dix ans plus tard par l’entreprise Corellium et son Project Sandcastle sur les modèles équipés d’une puce A10. L’écart tient à la conception des deux systèmes. Android repose sur un noyau Linux conçu pour s’adapter à des milliers de composants différents, alors qu’iOS est taillé sur mesure pour le matériel d’Apple. Pour faire tourner iOS ailleurs, Makr a donc dû adapter dans le noyau XNU, en partant du travail d’ios-sweet, les pilotes indispensables au Redmi, de la gestion de l’écran tactile au stockage UFS, jusqu’à l’amorçage manuel du modem Qualcomm pour activer le Wi-Fi.
L’architecture du processeur réserve elle aussi son lot de casse-têtes matériels. D’un côté, iOS découpe la mémoire vive en pages de 16 Ko, un format que les quatre cœurs économes du Snapdragon 685 (habitués aux 4 Ko d’Android) sont incapables de lire, ce qui oblige le téléphone à ne tourner que sur la moitié de ses huit cœurs.
Le système de l’iPhone X fait aussi appel à des instructions processeur modernes que l’ancienne architecture ARMv8.0 du Redmi ignore totalement : le noyau doit alors les intercepter à la volée pour les simuler une par une, au prix d’une lourde perte de vitesse. Pour abattre ce travail titanesque, le développeur ne s’est d’ailleurs pas appuyé que sur ses propres nuits blanches. Les journaux du dépôt GitHub révèlent des modifications cosignées par Claude, l’assistant de programmation d’Anthropic. Makr ne précise pas quelle part du travail il a confiée à l’IA.
En l’état, inutile d’espérer faire de ce Redmi modifié son smartphone du quotidien. L’appareil est privé de Bluetooth, de données mobiles, de GPS, de son et d’appareil photo, tandis que l’horloge interne non reconnue réinitialise la date au 31 décembre à chaque redémarrage. Plus handicapant encore, la version publique est dépourvue d’accélération matérielle pour la partie graphique : le processeur central doit dessiner chaque élément de l’interface à la main et le navigateur Safari se contente d’afficher des pages blanches. HackiOS, un projet concurrent du groupe OOSexGang, montre en vidéo iOS 16.5 sur un Poco X5 Pro et un Xiaomi Mi 11 Lite 5G. Ses auteurs promet