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Interpol démantèle près de 11 000 réseaux cybercriminels en Afrique qui visaient l'Europe et l'Amérique du Nord
Dans des centres d’appels ougandais, des escrocs suivaient des textes écrits d’avance pour convaincre des retraités, surtout en Asie, de placer leur épargne sur de fausses plateformes. Avec l’opération Serengeti III, Interpol a coordonné l’arrestation de 1 462 suspects dans 21 pays et le démantèlement de 10 909 réseaux malveillants.
Les polices de vingt pays africains et des États-Unis ont travaillé pendant deux mois, jusqu’au 31 août, sur des listes de domaines, d’adresses IP et de serveurs de commande suspects. Interpol les leur avait transmises en amont, avec l’aide d’entreprises de cybersécurité, dont Kaspersky, Group-IB, Fortinet et Team Cymru. Au total, elles ont récupéré plus de 105 millions de dollars, alors que les 65 929 victimes identifiées ont perdu plus de 385 millions de dollars. Derrière ces arrestations, les enquêteurs ont mis la main sur une économie de l’arnaque organisée en équipes et en scripts. Les entreprises françaises en font aussi les frais avec la fraude au faux fournisseur.
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En Ouganda, les policiers ont arrêté 365 ressortissants étrangers et démantelé deux réseaux transnationaux de fraude à l’investissement et aux pensions de retraite. Interpol évoque un modèle de centres d’appels tournants, où des escrocs récitaient des textes préparés pour orienter des retraités vers de fausses plateformes de trading. Au Nigeria, un suspect faisait la promotion d’une fraude à l’investissement sur des messageries, et les enquêteurs ont retracé plus de 2,4 millions de dollars de fonds suspects, blanchis pour une bonne part en cryptomonnaies.
Neuf personnes ont été arrêtées dans deux centres illégaux de minage de cryptomonnaies en Angola, où les policiers ont saisi plus de 2 000 machines et six postes de transformation électrique installés illégalement. Ces seuls postes valaient plus d’un million de dollars. Les policiers tanzaniens ont fermé une application de prêt malveillante, et leurs collègues gabonais un réseau d’escroquerie à l’importation de véhicules qui opérait sur les réseaux sociaux.
L’opération Serengeti 2.0 avait abouti en 2025 à 1 209 arrestations et à la récupération de 97,4 millions de dollars. Cette année encore, les enquêteurs ont commencé par les serveurs et les noms de domaine avant de remonter aux escrocs. « Les criminels ne peuvent pas opérer sans infrastructure. Ils doivent la construire, la connecter et l’entretenir, et ces activités créent des occasions de les retrouver », explique Jacomo Piccolini, vice-président chargé des partenariats de données chez Team Cymru.
La police nigériane a aussi arrêté un homme soupçonné d’avoir monté une vaste opération d’hameçonnage et de compromission de messagerie professionnelle, ou BEC. Cette escroquerie consiste à se faire passer pour un dirigeant ou un fournisseur afin d’obtenir un virement, et la fraude au président est sa version la plus connue. Le suspect avait récolté des identifiants de logiciels et quelque 2,1 millions d’adresses e-mail. Les enquêteurs ont en outre récupéré un véhicule de luxe, payé selon eux avec l’argent de la fraude.
D’après l’évaluation des cybermenaces en Afrique qu’Interpol a présentée en août, les escrocs utilisent l’IA dans 55 % des cybercrimes signalés sur le continent. Ils s’en servent notamment pour rédiger des courriels de BEC très crédibles, destinés à des victimes en Europe et en Amérique du Nord. « L’IA automatise chaque étape d’une cyberattaque, de la reconnaissance et du phishing jusqu’à l’extorsion et aux techniques pour échapper à la détection », prévient Neal Jetton, directeur de la cybercriminalité d’Interpol.
En France, les fraudes au virement ont augmenté de 170 % en 2025, tous publics confondus, d’après le rapport annuel de Cybermalveillance.gouv.fr. Les escrocs exploitent désormais la facturation électronique et la gestion de la paie. Si vous recevez par e-ma