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BYD, Xiaomi, Zeekr d’occasion venus de Chine : +280 % de ventes vers l’Europe, moins chers à l’achat, mais à quel prix ensuite ?
On a presque tous commandé quelque chose sur AliExpress avec des économies à la clé. Jusqu’à ce que la législation impose des frais pour chaque colis.
Qu’on remplace ce « quelque chose » par un SUV électrique de 690 ch, et on tient une pratique qui prend de l’ampleur en Europe : acheter en ligne une Xiaomi ou une BYD d’occasion garée sur un parking de Shanghai, puis la faire livrer chez soi. Sur les réseaux sociaux, la méthode circule comme une parade bien trouvée pour payer moins cher que tout le monde. On a voulu savoir ce qu’elle coûte vraiment, une fois la voiture devant la maison.
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Tout part d’une décision de Bruxelles. Depuis le 30 octobre 2024, l’Union européenne frappe les voitures électriques neuves fabriquées en Chine de droits compensateurs : 17 % pour BYD, 18,8 % pour Geely (maison mère de Zeekr et Lynk & Co), 35,3 % pour SAIC (MG), en plus des 10 % de droits de douane habituels. Depuis janvier 2026, un constructeur peut y échapper s’il s’engage auprès de Bruxelles sur des prix de vente minimums.
Le règlement ne vise que les voitures neuves, et China EV Marketplace, plateforme d’export basée à Hong Kong et dotée d’une filiale à Prague, a bâti son offre européenne sur ce détail. Selon elle, une voiture qui a dépassé 6 000 km n’acquitte que les 10 % de base. D’après les chiffres qu’elle a communiqués ce jeudi 22 octobre, ses ventes d’occasions à des clients européens ont progressé de 280 % sur un an entre janvier et septembre 2026, à 7 900 unités, quand ses ventes de neuf reculaient de 44 %.
En octobre, Bruxelles et Pékin se sont aussi entendus pour plafonner à 350 000 par an les importations d’hybrides chinois, un quota qui doit entrer en vigueur en décembre.
L’occasion y échapperait aussi, selon la plateforme, qui en fait désormais le cœur de son activité européenne. Son catalogue compte plus de 2 600 voitures d’occasion, dénichées par une équipe basée à Shanghai, et son directeur des opérations, Jakub Geršl, affirme y trouver régulièrement des voitures de 6 000 km affichées 40 % sous leur prix catalogue chinois. Un point de livraison ouvert à Prague, avec un premier lot de vingt voitures, doit épargner aux clients les trois mois d’attente d’une importation directe.
Les prix affichés sont des prix « FOB », c’est-à-dire voiture chargée sur le bateau en Chine. Il faut ensuite ajouter le fret maritime (2 000 dollars, soit environ 1 700 euros, dans l’exemple donné par la plateforme elle-même, 3 000 dollars dans notre simulation), 10 % de droits de douane calculés sur le prix et le transport, la TVA, une homologation individuelle en République tchèque, la livraison et un adaptateur de charge.
Une Xpeng Mona M03 de 12 000 km affichée 16 480 dollars (environ 14 200 euros) arrive ainsi autour de 27 500 euros en France, selon nos estimations. Pour une berline électrique récente, c’est intéressant, à condition de garder en tête que ses 620 km d’autonomie sont mesurés selon le cycle chinois CLTC, bien plus généreux que le WLTP. Une Xiaomi SU7 Ultra de 30 000 km, affichée 49 999 dollars (environ 43 100 euros), finit quant à elle vers 66 000 euros, à peine 2 % sous son prix neuf en Chine : ce qui n’est pas absurde pour 1 548 ch, mais on est loin de la voiture « presque neuve ».
La plateforme propose aussi un stock « prêt » à Prague, à des prix bien plus élevés. Un Xiaomi YU7 Max de 6 700 km y est proposé à 73 300 dollars hors TVA, soit environ 76 000 euros TVA comprise. En Chine, le même SUV neuf est vendu 329 900 yuans, près de 42 000 euros.