// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Les effectifs de police sont "à bout", selon le syndicat des commissaires de la Police nationale
"On ne sait pas combien de temps on va durer", confie Frédéric Lauze, le secrétaire général du syndicat. Laurent Nuñez, a annoncé que 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés en vue des nouvelles manifestations prévues samedi.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
"On est au bout d'un modèle", estime vendredi 23 octobre sur franceinfo Frédéric Lauze, le secrétaire général du Syndicat des commissaires de la Police nationale, sur France Culture. Il affirme qu'au vu des violences qui ont émaillé les récentes mobilisations, il "va se poser le problème de la soutenabilité" pour les forces de l'ordre. "On ne sait pas combien de temps on va durer", résume-t-il.
"On n'est pas entraînés pour ça et on n'a pas envie d'y aller" : des policiers non spécialisés s'inquiètent de leur réquisition pour samedi
"Aujourd'hui, les effectifs de police sont un petit peu à bout", déclare-t-il, rappelant que, pendant les mobilisations, "la délinquance ne s'arrête pas". Le tout dans un contexte où les forces de l'ordre sont déjà éprouvées, "ça ne commence pas le 17 octobre, ça fait 15 jours que l'on vit dans un état de violence, de sidération qui est extrêmement grave", explique le commissaire, qui rappelle que "plus de 1 000 policiers ont été blessés, certains grièvement".
"On a eu de véritables insurrections, des pillages, c'est d'une gravité extrême ce qu'il se passe", selon Frédéric Lauze qui estime que "les manifs ont été contaminées par les pilleurs". "Les casseurs", "la galaxie de l'ultra-gauche, les pilleurs organisés, les pilleurs d'opportunité" et les "honnêtes manifestants" sont "complètement imbriqués", selon le commissaire. "Dans l'urgence, il est impossible de distinguer", "c'est ingérable", tranche Frédéric Lauze.
"Normalement une manifestation de rue ça se finit par une négociation, une issue politique, ça ne se finit pas dans la rue", déclare le commissaire, alors que le gouvernement a annoncé avoir renforcé son dispositif de sécurité pour la mobilisation de samedi 24 octobre, "y compris des unités qui ne sont pas destinées et pas formées au maintien de l'ordre, je pense à la BRI, au RAID, au GIGN, mais également aux unités de voies publiques", liste Frédéric Lauze. "L'armée ce n'est pas son rôle de faire du maintien de l'ordre, c'est même dangereux parce que les militaires ne sont pas faits pour faire des réponses graduées, proportionnées, ils n'ont pas les armes ni l'entraînement qui va avec. Ils sont fait pour combattre un ennemi", estime le secrétaire général du Syndicat des commissaires de la Police nationale.
Face à de nombreuses manifestations interdites, quels sont les risques encourus et les recours possibles ?
Il sera interdit de manifester samedi dans certains centres-villes de France, à Lyon notamment. "C'est une demande" des services de police, confirme le commissaire général de la police nationale, "des interdictions proportionnées", dans des "circonstances particulières de temps et de lieu", détaille Frédéric Lauze. "Ce ne sont pas des interdictions absolues mais c'est nécessaire", assure le secrétaire général. Enfin, il invite à déléguer "en partie" la gestion des casseurs au service d'ordre des syndicats. "Ça s'appelle le civisme, la police ne peut pas absolument tout faire", déclare le commissaire, "manifester c'est une responsabilité".
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?