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Elon Musk sécurise 5 ans d’approvisionnement Samsung pour les robots Tesla et la voiture autonome
Tesla prendrait à sa charge environ 830 millions de dollars de l’agrandissement de l’usine de Samsung Electro-Mechanics à Sejong, en Corée du Sud. En échange, le constructeur recevrait entre 2029 et 2033 les substrats qui relient ses puces d’IA au reste de l’électronique de ses voitures autonomes et de son robot Optimus.
Aucune puce d’IA de Tesla ne peut être montée dans une voiture ou un robot sans substrat FC-BGA. Cette plaque multicouche est glissée entre la puce et la carte mère, et tout le courant et les signaux de la puce transitent par elle. Les serveurs d’IA réclament aujourd’hui tant de substrats que les rares fabricants capables de les produire ne suivent plus, et Samsung Electro-Mechanics a donc décidé d’agrandir son usine de Sejong. Pour obtenir sa part de cette future production, Tesla accepte de payer une partie des travaux plusieurs années avant de recevoir le moindre composant.
« Nos capacités tournent au maximum. Pour l’instant, nous répondons en améliorant la productivité et les rendements, mais les besoins de nos clients dépassent de plus de 50 % notre capacité de production actuelle », a expliqué en mars Chang Duck-hyun, le patron de Samsung Electro-Mechanics, après l’assemblée générale de l’entreprise.
Faute de pouvoir servir tout le monde, l’entreprise a engagé fin septembre 4 270 milliards de wons (un peu plus de 3 milliards de dollars) dans l’agrandissement de Sejong. Jamais elle n’avait investi autant dans un seul produit, et elle ne paie pas seule. Dans son communiqué, elle mentionnait l’argent avancé par de grands clients contre des commandes garanties sur plusieurs années, sans donner leurs noms.
D’après le quotidien économique Maeil Business, Tesla paierait près du quart de l’enveloppe avec 1 100 milliards de wons (environ 830 millions de dollars). Nvidia mettrait de son côté 2 600 milliards de wons dans les usines de Sejong et de Busan afin d’obtenir les substrats de ses puces de centres de données. En payant d’avance, Tesla évite de passer après les commandes des serveurs d’IA, qui saturent les lignes actuelles.
Samsung Electro-Mechanics prévoit de lancer la production de masse à Sejong en septembre 2028, et Tesla recevra ses premiers substrats l’année suivante, puis pendant cinq ans, jusqu’en 2033, pour les puces de ses voitures autonomes et d’Optimus.
Tesla produit son robot sans attendre 2029. À Fremont, l’entreprise a commencé à fabriquer ses premiers Optimus de série. « Les robots qui sortent de cette ligne sont les premiers robots de qualité production que nous ayons fabriqués », a écrit Tesla dans son bilan du troisième trimestre, et Elon Musk annonce 20 000 robots par semaine d’ici fin 2027. Jusqu’en 2029, les puces de ces robots devront donc passer par les lignes actuelles de Samsung Electro-Mechanics, celles qui tournent au maximum selon son patron.
Samsung grave les puces AI5 et AI6 de Tesla avec TSMC, et le contrat de 16,5 milliards de dollars consacré à l’AI6 et signé en juillet 2025 court jusqu’à fin 2033. Jusqu’à cette date, Tesla dépendra donc du groupe coréen à la fois pour une partie de ses puces et les substrats sur lesquels elles sont soudées. Officiellement, Samsung Electro-Mechanics n’a nommé aucun client, et les 830 millions de dollars de Tesla proviennent pour l’instant de la presse coréenne.